DEBATS

Dimanche 24 mai 2009

Exposition Slobodan à Nice jusqu’à la fin juin

Chronique du bien vieillir

 

Ce peintre est le digne successeur des Klein, Magritte et Folon. Il expose en ce moment à la Providence dans le vieux Nice. Suivez le lien suivant :

http://mullerdirpa.over-blog.com/article-31816532.html

 

 

Lettres aux maires

 

Notre dernière conférence de presse n’a pas terminé la phase de nos rencontres avec les maires. Nous vous prions de lire ci-après le type de lettre envoyé aux maires qui nous ont reçus, puis le type de lettre envoyé au maire de Nice, le seul qui nous fasse attendre.

 

 



         INTERSYNDICALE des Retraités des Alpes Maritimes       CFDT-FO-CFTC-CFE/CGC-UFROS/CGT-FGR-FSU

 

 

Monsieur Jean LEONETTI

Maire de la ville d’ANTIBES

Hôtel de ville –Cours Masséna 

06600                       ANTIBES            

 

 

 

                                          Monsieur le Maire,

 

                                    Notre intersyndicale s’est constituée en janvier 2008. Elle s’est donnée pour but, tout en relayant au niveau départemental l’action de nos centrales, de cerner au plus près la situation des retraités et plus largement des personnes âgées dans les Alpes Maritimes. C’est dans cet esprit que nous avons sollicité l’entrevue que vous nous avez accordée le 27 mars 2008. Ceci afin d’examiner avec vous, un certain nombre de problèmes auxquels sont confrontés les personnes que nous représentons mais aussi de vous présenter un certain nombre de remarques.

                                    Nous vous remercions pour cette entrevue, qui abordait plus particulièrement les domaines de l’accès au logement, des transports, des faibles revenus, de l’isolement pour les personnes âgées. Cette entrevue nous a servi, avec d’autres sources, à constituer le dossier illustrant la conférence de presse que nous avons organisée le jeudi 26 mars 2009 à Nice et dont FR3, des radios locales et l’hebdomadaire Le Patriote se sont faits l’écho.

                                   Nous avons l’honneur de vous communiquer un exemplaire de ce dossier que l’échange que nous avons eu avec Messieurs Jacques GENTE et Daniel MAIFFRET a permis d’étoffer et d’enrichir d’exemples précis. Nous sommes à votre disposition si vous désirez en commenter des aspects ou recevoir des éclaircissements.

Nous aurons d’ailleurs sans doute l’occasion de vous solliciter prochainement afin d’évoquer avec vous-même, ou vos collaborateurs, le logement et l’hébergement des personnes âgées dans votre commune.

                                   En vous remerciant encore une fois pour votre accueil et votre collaboration, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de nos sentiments distingués.

 

                                                                                                                  Nice, le 14 avril 2009

 

 PJ. Dossier de la conférence de presse

 

 

              
         INTERSYNDICALE des Retraités des Alpes Maritimes       CFDT-FO-CFTC-CFE/CGC-UFROS/CGT-FGR-FSU

 

 

Monsieur Christian ESTROSI

Maire de la ville de NICE

5 Rue de l’Hôtel de Ville

06000                     NICE

 

 

 

 

                         Monsieur le Maire,

 

                         Vous n’êtes pas sans ignorer les difficultés, de plus en plus grandissantes, que connaissent les retraité(e)s et tout particulièrement ceux et celles ayant de basses retraites ou pensions trop souvent en dessous du SMIC. De plus en plus de retraités sont confrontés à la précarité, en particulier dans notre département et le contexte économique actuel  risque d’aggraver encore leur situation.

                         Notre Intersyndicale départementale de retraités qui représente les organisations syndicales constituées se réunit régulièrement pour mettre en commun les observations et réflexions concernant les conditions de vie des retraités dans les Alpes-Maritimes en particulier dans le domaine du logement, des transports, des maisons de retraite, de la fiscalité locale, du coût de la vie….

                       C’est dans ce cadre que nous avons rencontré ces derniers mois les municipalités de Menton, Grasse, Cannes, St Laurent du Var et Antibes. Au cours de ces rencontres qui se sont toutes déroulées dans un excellent climat, nous avons pu faire le point sur les réalisations de ces communes en direction des personnes âgées et sur les difficultés rencontrées.

                      Nous vous avons contacté à plusieurs reprises pour vous rencontrer afin de parler de votre commune mais, à ce jour, nous n’avons reçu, sauf erreur de notre part, aucune réponse. C’est pourquoi nous renouvelons notre demande, persuadés que nous sommes, que vous apportez une attention particulière à une partie de la population pour laquelle vous avez certainement beaucoup investi et qui représente près de 30% de la population de la commune.

 

                     Nous nous tenons à votre disposition pour toute date à votre convenance et, dans l’attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de nos sentiments respectueux.

 

                                                                                                                                             Nice, le 14 avril 2009

 

 

PJ. Dossier de la conférence de presse

  

 

Par DIRPA
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Vendredi 27 mars 2009

Intersyndicale des retraités des Alpes Maritimes

CFDT, FO, UFROS-CGT, CFTC, CFE-CGC, FGR-FP, FSU

M. Tiberti, Mme Jaquillard, MM. Mazzi, Muller et Marmontelli 

 

Conférence de presse du 26 mars 2009

 

Notre intersyndicale des retraités 06 est la déclinaison au niveau départemental de celle qui fonctionne au niveau national.

            Sur place nous avons relayé des actions décidées nationalement comme les journées du 06/03/2008, du 22/05/2008, du 16/10/2008, du 29 janvier 2009 et du 19 mars 2009. Mais nous avons décidé de ne pas en rester là. Dans cette optique nous nous réunissons à peu près régulièrement, une fois par mois environ, afin d’échanger des informations sur l’évolution de notre système de retraite, la situation des personnes âgées dans notre département et d’initier, si possible, des actions locales.


Le Débat avec la presse

           
C’est dans ce cadre que nous avons pensé en janvier 2008 profiter de la campagne des élections municipales pour nous adresser aux candidats dans les principales villes des Alpes Maritimes. Nous avions sous estimé l’ampleur de la tâche et l’emploi du temps hyper chargé des candidats. Cela nous a amené à revoir notre démarche : après les élections nous avons sollicité une entrevue avec les maires élus afin d’examiner avec eux  les problèmes auxquels peuvent se heurter, dans leur ville, les personnes âgées : transport, faibles revenus, accès au logement, etc…, en insistant sur ce dernier point qui est crucial dans notre département, un des plus cher de France. Les entretiens se sont déroulés dans une atmosphère aussi franche que cordiale, aucune question n’a été éludée et, si les réponses ne nous ont pas toujours pleinement convaincu, les informations mais aussi les arguments des uns et des autres ont été soigneusement entendus. C’est en partie pour faire le point de tout cela que nous vous avons invités à cette conférence de presse.

            Nous tenons à remercier encore une fois les maires (ou leur collaborateur proche) qui nous ont reçus, ceux de Grasse, Cannes, Menton, Antibes et Saint Laurent du Var. Nous regrettons profondément que celui de Nice, pourtant sollicité plusieurs fois, ne nous ait pas répondu. Il s’agit quand même de la ville la plus peuplée et dont les mauvais résultats pour le logement social, tirent le département vers le bas.



AVERTISSEMENT. Nos fidèles lecteurs ont été régulièrement informés du contenu des entretiens avec les maires, de leurs synthèse, puis du contenu de certains dossiers thématiques tel que celui-ci. Nous ne reprenons pas ici des textes déjà publiés sur une année et facilement consultable sur le présent site.

http://mullercoderpa06.over-blog.com/article-28698806.html

La fin de ce cycle de rencontres n'achève pas nos recherches, l'Intersyndicale se fixera prochainement de nouveaux objectifs, dans l'intérêt de l'ensemble des retraités des Alpes Maritimes.

Guy Muller, rapporteur du groupe de travail de l'Intersyndicale

Par DIRPA
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Mardi 5 février 2008
La guerre des âges continue

Je vous ai fait découvrir Jérôme Pellissier et ses livres. il écrit régulièrement une rubrique, les shadoks et le grand trou de la sécurité sociale sur son site. Il dénonce de nombreuses pratiques qui sont une ségrégation à l'égard des personnes âgées. Ayant déposé une plainte à la Halde, contre les disriminations subies par les personnes âgées, France 3 vient de l'interroger. En suivant le lien vous entendrez une de ses démonstrations. 
 
Guy Muller

Il suffit de cliquer sur le lien suivant pour voir et entendre un enregistrement diffusé sur Dailymotion


http://www.dailymotion.com/relevance/search/personnes+ag%C3%A9es/video/x48fr5_ligne-directe-les-personnes-agees-q_news
 

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Quelques indications sur Jérôme Pellissier
 
Écrivain. Chercheur en psycho-gérontologie. Formateur.
Mène de front, depuis quelques années, plusieurs activités.
 Une activité d’écriture. Après un roman en 2002, Les Insensés puis, en 2003, quelques mois avant la canicule, un essai sur la manière dont notre société considère et traite les vieilles personnes, La nuit, tous les vieux sont gris, il a co-écrit en 2005, avec Yves Gineste, Humanitude, un ouvrage de synthèse sur le prendre soin des Hommes vieux.
Il vient de publier un nouvel essai, La guerre des âges, qui interroge l’avenir des relations entre les générations et dénonce les stéréotypes âgistes, les conceptions utilitaro-libérales de l’Homme et les manières pathogènes et bellicistes de construire l’avenir.
 Une activité de recherche, notamment sur le sujet du prendre-soin et des Comportements d’Agitation Pathologique (CAP) des personnes atteintes de syndromes démentiels.
 Une activité de formation ("milieu de vie" et prendre-soin des personnes atteintes de syndrome démentiel ; bientraitance / maltraitance ; Philosophie de l’humanitude et à la Méthodologie de soins Gineste-Marescotti) et d’enseignement (au sein de l’espace éthique de l’AP-HP et de l’Université Lyon 2).
 De nombreuses conférences, également, sur ces thèmes comme sur des aspects plus socio-politiques de la gérontologie - âgisme et discriminations, maltraitance sociale, âges et citoyenneté, etc.
 Sans compter l’étude vigilante, notamment sur ce site, des illustrations concrètes, passées, présentes et à venir du si réaliste, du si tristement réaliste, principe Shadok : "Pour qu’il y ait le moins de mécontents possible, il faut toujours taper sur les mêmes".
 Et bien sûr donc, expert en shadokologie transcendentale.
Références bibliographiques :
Les Insensés.
Editions Joëlle Losfeld, 2002.
La Nuit, tous les vieux sont gris.
Editions Bibliophane, 2003.
La Guerre des âges.
Armand Colin, mars 2007.
Avec Yves Gineste : Humanitude : comprendre la vieillesse, prendre soin des hommes vieux.
Bibliophane, 2005 (épuisé). Réédition : Amand Colin, mars 2007.
Tous ces livres, y compris les épuisés, sont généralement présents, au moins d’occasion, sur les principaux sites internet vendant des livres.
Par DIRPA
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Vendredi 19 octobre 2007

 

 

Première Commission : Médico-sociale

 

                          Débats

 

Cette rubrique est une ouverture vers l’extérieur qui donnera de multiples points de vue de professionnels et de non professionnels. Anne Perraut Soliveres ouvre cette rubrique sur ses réflexions d’infirmière régulièrement publiées dans son blog du journal Libération : Tapage nocturne à l’hôpital. Simultanément, un lien est ouvert vers son site, permettant d’approfondir ses réflexions sur la fin de vie.

 

J’enfourche ma très vieille 4 L pour effectuer les quelques centaines de mètres qui nous séparent et arrive avant le médecin pour constater que l’interne est finalement venu et qu’il a essayé de «vendre» le patient au service de soins intensifs... Le monsieur est effectivement en souffrance respiratoire, il est calme, semble résigné. L’infirmière de l’autre service est venue prêter main forte à sa collègue et elles lui tiennent la main en attendant une décision du médecin.
Je prends connaissance du dossier et constate que la situation s’avère assez désespérée. Cet homme de 84 ans est grabataire, incontinent, présente des séquelles neurologiques d’un traumatisme crânien ancien, est affecté d’insuffisances respiratoire, cardiaque et rénales associées et qu’on lui a posé depuis peu un pace-maker...

 

A première vue, sa vie a assez peu de chances de s’améliorer. Je suis tirée de mes cogitations quand le médecin arrive et décide de le transporter en soins intensifs. Je lui demande si elle est bien sûre que cela vaille la peine... à quoi elle me répond «Evidemment, on a déjà réussi à l’améliorer. En soins intensifs, on pourra l’intuber pour le soulager !»

 

Je pars, à reculons, chercher l’ambulance (véritable  exception culturelle, c’est la surveillante de nuit qui effectue les transferts en ambulance d’un pavillon à l’autre en cas d’urgence vitale, pratique destinée à éviter d’attendre en vain une ambulance extérieure et qui s’est mise en place sur ma proposition...). Le temps de reprendre la 4 L, d’aller chercher les clefs de l’ambulance, de l’amener et la reculer jusqu’à l’ascenseur (ah ! le pari de reculer dans le noir avec un véhicule qu’on ne connaît pas, sans visibilité...), il se passe dix petites minutes avant que je me présente avec mon brancard dans la chambre. Le chargement se fait sans trop de difficultés et le transfert s’effectue rapidement.

 

Une fois le malade installé dans son nouveau lit, j’attends un moment en soins intensifs, observant le ballet de la prise en charge, écoutant les discussions des médecins, toujours fixée dans mon sentiment de participer à quelque chose de totalement vain. Ma lecture attentive de son dossier m’avait conduite à penser qu’on aurait dû se contenter de le traiter sur place, bien qu’il soit indiqué que la famille désirait que tout soit fait en cas de problème... Il est clair que le garder dans le service revenait à accepter l’idée qu’il puisse mourir, ce qui dans le contexte m’apparaissait comme la plus humaine des solutions.

 

Evidemment, ce n’est pas dans l’urgence de la situation que l’on peut mener ce genre de réflexion et, si je reste convaincue que quelque chose ne va pas dans cet interventionnisme médical de principe, je comprends pour autant que chacun ait à cœur de régler le problème au mieux à son niveau. La dite «obligation de moyens» et la peur des représailles n’en a pas fini de pousser les soignants à effectuer des gestes que leur conscience ne leur dicterait pas toujours !

 

Je finis par retourner voir les infirmières qui s’étaient montrées assez surprises de mon peu d’entrain à envisager le transfert. Elles convinrent que le patient leur semblait totalement étranger à son état, comme s’il n’avait plus envie de s’en mêler, et se demandaient ce qu’elles auraient dû faire en la circonstance. Les ayant rassurées sur le bien-fondé de leur attitude - elles n’auraient pu de leur propre chef «choisir» une autre option -, je soulevai néanmoins la question de l’intérêt, pour ce malade épuisé, de ce bouleversement de son environnement au milieu de la nuit. Le peu de bénéfices qu’on pouvait attendre de sa réanimation à ce stade très évolué de ses multiples pathologies, sans compter ses 84 ans qui ajoutaient leur poids au tableau, sont un des sujets récurrent de réflexion des infirmières, rarement partagé avec les médecins.

 

J’appelai ensuite son épouse afin de la prévenir de l’aggravation et du transfert de son mari. Elle me dit qu’elle n’était pas étonnée car elle trouvait que depuis plusieurs jours il était apathique et semblait n’avoir plus envie de se battre. J’évoquai alors l’idée qu’il était peut être fatigué de son état et qu’il avait le droit de ne plus vouloir continuer à vivre comme cela. Elle me dit alors qu’elle se rendait compte qu’il ne rentrerait plus à la maison et qu’elle viendrait le voir dans la journée. Je lui conseillai d’appeler dans la matinée afin d’avoir des nouvelles sur l’évolution de la situation.

 

Le matin, avant de partir, j’appelai le chef de service pour lui demander ce qu’il pensait de ce transfert. Il me répondit avec humour qu’une des fonctions de son service était de soulager les angoisses des médecins de garde... Il ajouta alors une citation d’un de ses maîtres : «La réanimation c’est la morphine des médecins»...

 

Un autre débat, tout aussi politiquement incorrect mais qui aurait le mérite de nous obliger à y réfléchir, serait d’évaluer le coût de cette morphine pour notre sécurité sociale solidaire... On n’a pas fini de voir fleurir des sarkofranchises pour compenser les angoisses des soignants qui augmentent à mesure que croissent les exigences des patients...

 

• Anne Perraut Soliveres •

 

 

S’il est facile de décréter un plan cancer ou Alzheimer... il me paraît plus utile de nous préoccuper davantage du sort des vieux en général qui ne sont heureusement pas tous déments mais qui ont quasiment tous besoin d’une meilleure prise en charge à domicile. Il est certain que ce n’est pas lorsque nous sommes arrivés au bout du bout, quelles que soient les raisons qui nous y amènent, qu’il convient de se prononcer sur telle ou telle alternative alors que nous avons passé notre temps à fuir l’idée même que nous devrons tous mourir.
Certes, notre société et tous ses médias autorisés ne nous portent guère à envisager la faiblesse, l’insuffisance et la finitude qui sont pourtant notre lot commun et c’est bien là où le bât blesse. Je n’ignore pas non plus, à l’instar de certains d'entre vous, que l’hôpital tellement décrié (à juste titre parfois, hélas) n’en est pas moins pour autant le dernier refuge de nombreuses personnes qui s’y trouvent mieux entourées qu’à domicile. Il est même très fréquent que les familles, rassurées par un encadrement et des moyens qu’elles n’auraient pas à la maison, préfèrent rester auprès de leur proche dans sa chambre hospitalière.

 

N’oublions pas pour autant que la sécurité sociale, le grand argentier des soins, est notre pot commun et que si nous avions été, soignants et non soignants, un peu plus regardants sur les comptes (et critiques sur les coûts) nous ne serions pas aujourd’hui pris en otage par l’Etat qui dénonce, à juste titre parfois, la gabegie sans contrôle qui a prévalu trop longtemps dans la gestion désastreuse de cet argent public. Le problème est que le retour de bâton se fait rarement là où il y aurait à battre et que la punition collective par la réduction des moyens, là où seuls quelques-uns abusent, ne contribue pas à nous aider à mieux utiliser les budgets.

 

Il n’y a aucune confusion dans mon esprit entre l’exigence légitime d’un traitement humain des personnes confiées (voire abandonnées pour certaines...) à nos soins et le coût de nos choix, ou plutôt, ce qui est le plus fréquent, de notre incapacité de choix.
Ce que je veux mettre en perspective, c’est le maintien artificiel de vies que les patients eux-mêmes n’ont plus la force de désirer et le coût de plus en plus élevé de ces décisions alors que l’accès aux soins se dégrade pour nombre de nos concitoyens, lesquels auraient peut-être davantage de chances de survie. L’allongement des délais de prise en charge de certaines pathologies graves est en effet indirectement lié à cette politique et je ne parle pas de la difficulté de caser certains patients polypathologiques...

 

Il ne m’appartient pas (et je ne le voudrais pas...) de décider ce qui justifierait qu’on insiste ou qu’on arrête, ni des conditions de l’arrêt du curatif, mais ce que j’appelle ardemment de mes vœux c’est qu’on commence à apprendre à écouter les malades. L’éthique reste trop souvent à la porte de la chambre par surdité au vrai désir du patient et rien dans la formation médicale initiale ne prépare à affronter avec quelqu’un la question de sa mort.

 

 

• Anne Perraut Soliveres •

 

Par CODERPA 06
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Samedi 14 juillet 2007

 

CODERPA des Alpes Maritimes

Nos lecteurs trouveront ci après la suite de l'exposé de Roger Pellissier lors de la journée du 19 juin

 

 

B – VOLET SOCIAL

Ce nouveau dispositif éducatif et social comporte deux volets :

 

 

- Administratif – au niveau des Conseils Généraux :

- Judiciaire – qui ne pourra être actionné qu’en cas d’échec de l’action du département.

 

 1 – Administratif.

La mise en place d’une Mesure d’Accompagnement Social Personnalisé (MASP) préalable à l’assistance judiciaire.

Cette mesure prend la forme d’un contrat conclu entre l’intéressé et le département et repose sur des engagements réciproques.

Le bénéficiaire du contrat peut autoriser le département à percevoir et à gérer pour son compte tout ou partie des prestations sociales devant lui revenir, en les affectant en priorité au paiement des loyers

Le contrat prévoit des actions en faveur de l’insertion sociale et tendant à rétablir les conditions d’une gestion autonome des prestations sociales. Les services sociaux qui sont chargés de ces actions s’assurent de leur coordination avec les mesures d’action sociale qui pourraient être déjà mises en œuvre.

Le contrat est conclu pour une durée de six mois à deux ans et peut être modifié par avenant. Il peut être renouvelé, après avoir fait l’objet d’une évaluation préalable, sans que la durée totale de la mesure d’accompagnement social personnalisé puisse excéder quatre ans. Le président du conseil général peut à tout moment saisir le juge pour mettre fin à la mesure.

Le département peut déléguer, par convention, la mise en œuvre de la mesure d’accompagnement social personnalisé à une autre collectivité territoriale ou à un centre communal ou intercommunal d’action sociale, une association ou un organisme à but non lucratif ou un organisme débiteur de prestations sociales.

Une contribution peut être demandée à la personne ayant conclu un contrat d’accompagnement social personnalisé. Son montant est arrêté par le président du conseil général en fonction des ressources de l’intéressé et dans la limite d’un plafond fixé par décret, dans les conditions prévues par le règlement départemental d’aide sociale.

Cette perspective, qui emporte une certaine part de privation de liberté, devrait à elle seule constituer une source de motivation à s’en sortir pour les intéressés.

 

2 – Judiciaire.

La Mesure d’Accompagnement Judiciaire (MAJ)

 Celle-ci n’est mise en œuvre qu’en cas de refus ou d’échec de la MAS

  Le juge des tutelles peut ordonner une mesure d’accompagnement judiciaire destinée à rétablir l’autonomie de l’intéressé dans la gestion de ses ressources.

 La mesure d'accompagnement judiciaire ne peut être prononcée qu'à la demande du procureur de la République qui en apprécie l'opportunité au vu du rapport des services sociaux.

 Le juge statue, la personne entendue ou appelée.La mesure d'accompagnement judiciaire n'entraîne aucune incapacité.

La mesure d’accompagnement judiciaire porte sur la gestion des prestations sociales choisies par le juge, lors du prononcé de celle-ci, dans une liste fixée par décret.

 Seul un Mandataire Judiciaire à la Protection des Majeurs peut être désigné par le Juge.

La durée de cette mesure ne peut excéder 2 ans et peut être renouvelée une fois, sans que la durée maximum ne dépasse 4 ans.

 Le mandataire judiciaire à la protection des majeurs perçoit les prestations incluses dans la mesure d’accompagnement judiciaire sur un compte ouvert au nom de la personne auprès d’un établissement habilité à recevoir des fonds du public.

 

 II – INTERROGATIONS

1 – SUR LA NÉCESSITÉ DE DÉGAGER DES MOYENS SUPPLÉMENTAIRES.

 Pour être couronnée de succès, cette Loi doit s’accompagner de moyens supplémentaires conséquents

 

 

 

 1-1 – Pour l’activité judiciaire.

 Le premier problème est la faiblesse des moyens des tribunaux, les moyens dégagés pour son application sont insuffisants. Les greffes sont engorgés et les Juges ne peuvent eux-mêmes vérifier les comptes de gestion.

 L'effectif actuel des juges des tutelles atteint quatre-vingts emplois équivalent temps plein travaillé (ETPT).

 Malgré l’allégement induit par la mesure d’accompagnement personnalisé, cet allégement sera largement compensé par l’obligation qui est faite aux tribunaux de réévaluer les dispositifs de protection

 Une augmentation du nombre de magistrats et de fonctionnaires, devrait se traduire par la création de vingt-deux ETPT de juges des tutelles, sept ETPT de magistrats du parquet, cinquante et un ETPT de greffiers et cinq ETPT de greffiers en chef.

 

 1-2 – Pour les Départements

 Il leur incombera en effet d’assumer seuls la charge matérielle et financière de l’accompagnement social non judiciaire qui se traduit par la création de la mesure d’accompagnement social et budgétaire.

a) l’incidence financière

Afin de ne pas pénaliser les départements la loi prévoit que l'Etat prendra en charge le coût des tutelles des bénéficiaires des prestations sociales des départements. Toutefois les collectivités devraient économiser 77 millions d'euros en 2009, la prise en charge financière de l'Etat représentant plus de 92 millions d'euros en 2013.

 Le Gouvernement estime que les charges nouvelles induites par la création d'une mesure d'accompagnement social personnalisé devraient être inférieures aux économies ainsi réalisées par les départements.

 

COÛT DU DISPOSITIF SOCIAL POUR LES DÉPARTEMENTS

 

Source : DGAS, 2006.

 

 

 

 

2009

 

 

 

2013

 

 

 

Nombre total de MASP au 31 décembre

 

 

 

9 754

 

 

 

21 211

 

 

 

Nombre de mesures en moyenne dans l’année

 

 

 

4 877

 

 

 

18 767

 

 

 

Coût des MASP (formation des personnels chargés du suivi incluse)

 

 

 

8 200 000 €

 

 

 

39 000 000 €

 

 

 

Nombre total de rapports circonstanciés d’évaluation à financer

 

 

 

25 000

 

 

 

32 000

 

 

 

Surcoût lié à l’élaboration des rapports circonstanciés d’évaluation (en euros)

 

 

 

6 100 000 €

 

 

 

8 300 000 €

 

 

 

Coût total du dispositif social (en euros)

 

 

 

14 300 000 €

 

 

 

47 300 000 €

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

b) l’incidence sur les moyens en effectifs

Pour mettre en œuvre le volet social de cette Loi, les départements auront incontestablement besoin de renforcer leurs effectifs de travailleurs sociaux.

Pour le calcul des personnels nécessaires à la mise en œuvre de la mesure d’accompagnement contractuelle, le Gouvernement a transmis des projections tenant compte du nombre d’heures de prise en charge des MASP.

Au total, selon le Gouvernement, les départements devront donc affecter à la mise en œuvre de la Loi proposée 261 personnes équivalentes temps plein travaillé en 2009 et 809 en 2013.

L’obligation faite au département, en fin de mesure contractuelle ou en cas d’échec de celle-ci, de présenter un rapport d’évaluation circonstancié imposera également la mise à disposition d’un certain nombre de personnels.

 

 

 

Par CODERPA 06
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Lundi 9 juillet 2007

 

LA PROTECTION JURIDIQUE DES MAJEURS (tutelle et curatelle) thème du débat organisé par le Coderpa le 19 juin 2007 à Nice

 

 

 

 

 

C’est le talentueux Roger Pellissier qui avait la lourde charge de  présenter  la nouvelle loi au cours de la matinée. Il se sortait avec facilité d’un exposé très pointu sur le contenu de la loi. Après une série de questions réponses avec l’auditoire, Robert Dumont clôturait par une brillante synthèse, les travaux de la matinée. Dans l’après midi, la parole était donnée aux acteurs professionnels du département.

 

 

Nous avons noté les interventions du Docteur Tiboni, de Maître Anne Berdah pour la chambre des notaires, de Monsieur Régis Ostermann pour l’UDAF et de Monsieur Jean Leon ancien magistrat. Toutes ces interventions donnaient plus de chair et de consistance à la nouvelle loi. En effet c’est à l’aide de nombreux exemples pris dans les expériences passées de chacun que l’on pouvait comparer l’ancien régime au nouveau. Ainsi chaque participant donnait un éclairage différent et souvent passionnant sur les risques pour les libertés individuelles d’une mise en tutelle mal encadrée. Monsieur Jean Leon rappelait l’obligation des professionnels (notaires en tant qu’officiers ministériels) de déférer au procureur de la république les éventuelles sous estimations de biens immobiliers afin de protéger les personnes âgées

 

 

 Les intervenants de l'après-midi

 

 

 

I – LA LOI ACTUELLE.

Cette Loi veut marquer une rupture avec l’ancienne législation en séparant le volet civil, (modification du Code Civil- Titre I) et le volet social et financier (modification du Code de l’Action Sociale et des Familles et du Code de la Santé Publique – Titre II).

A – VOLET CIVIL

En ce qui concerne le volet civil, cette Loi poursuit trois objectifs :

- recentrer la protection juridique sur les personnes atteintes d’une réelle altération de leurs facultés

- renforcer les droits de ces personnes (Protection des biens)

- professionnaliser les intervenants extérieurs à la famille

 

1 – Recentrer la protection juridique sur les personnes atteintes d’une réelle altération de leurs facultés

 

a) La suppression de la saisine d’office du juge et des mesures pour prodigalité, intempérance ou oisiveté

 

Le Juge ne pourra plus se saisir d’office sur le simple signalement d’un tiers, intervenant social ou professionnel médical.

 

Désormais pourront demander l’ouverture d’une mesure judiciaire au Juge des Tutelles :

 

- la personne qu'il y a lieu de protéger,

 

- son conjoint,

 

- le partenaire avec qui elle a conclu un pacte civil de solidarité ou son concubin, à moins que la vie commune ait cessé entre eux,

 

- un parent ou un allié, une personne entretenant avec le majeur des liens étroits et stables,

 

- la personne qui exerce à son égard une mesure de protection juridique,

 

- elle pourra être également présentée par le procureur de la République soit d'office, soit à la demande d'un tiers.

 

 

b) L’obligation du rapport médical préalable et du réexamen régulier de la mesure

 

La demande est accompagnée, à peine d'irrecevabilité, d'un certificat circonstancié rédigé par un médecin choisi sur une liste établie par le procureur de la République.

 

Le coût de ce certificat est fixé par décret en Conseil d'Etat.

 

 

2 - RENFORCER LES DROITS DE LA PERSONNE PROTÉGÉE

 

a - Le respect de la dignité et des intérêts de la personne protégée

 

a1 - L’affirmation du principe de protection de la personne

 

Reconnaissance de la protection dans l’intérêt de la personne.

 

Respect des libertés individuelles, des droits fondamentaux et de la dignité de la personne.

 

La personne protégée choisit le lieu de sa résidence.

 

Elle entretient librement des relations personnelles avec tout tiers, parent ou non. Elle a le droit d'être visitée et, le cas échéant, hébergée par ceux-ci.

 

a2 - Le recueil du consentement de la personne protégée

 

Le juge statue, la personne entendue ou appelée. L'intéressé peut être accompagné par un avocat ou, sous réserve de l'accord du juge, par toute autre personne de son choix.

 

Elle doit être informée sur sa situation personnelle, les actes la concernant, leur utilité, leur degré d’urgence, leur effet et les conséquences en cas de refus de sa part.

 

 

a3 - La prise en compte de la personne protégée et de sa famille dans l’organisation de la mesure

 

L’Art. 415 précise : « Elle est un devoir des familles et de la collectivité publique ».

 

Ce principe implique qu’avant de recourir à la collectivité publique, on se tourne vers la famille.

 

Cette Loi rend donc à la famille sa place légitime et organise son rôle dans le processus judiciaire, en clarifiant les droits reconnus à ses membres, droits d’être consultés et d’être informés.

 

Le juge des tutelles et le procureur de la République exercent une surveillance générale des mesures de protection dans leur ressort.

 

Ils peuvent visiter ou faire visiter les personnes protégées et celles qui font l'objet d'une demande de protection, quelle que soit la mesure prononcée ou sollicitée.

 

Les personnes chargées de la protection sont tenues de déférer à leur convocation et de leur communiquer toute information qu'ils requièrent.

 

a4 - La sécurisation des fonds de la personne protégée

 

Dans les trois mois de l'ouverture de la tutelle, le tuteur fait procéder, en présence du subrogé tuteur s'il a été désigné, à un inventaire des biens de la personne protégée et le transmet au juge. Il en assure l'actualisation au cours de la mesure.

 

Il peut obtenir communication de tous renseignements et documents nécessaires à l'établissement de l'inventaire auprès de toute personne publique ou privée, sans que puisse lui être opposé le secret professionnel ou le secret bancaire.

 

Si l'inventaire n'a pas été établi ou se révèle incomplet ou inexact, la personne protégée et, après son décès, ses héritiers peuvent faire la preuve de la valeur et de la consistance de ses biens par tous moyens.

 

La personne chargée de la mesure de protection ne peut procéder ni à la modification des comptes ou livrets ouverts au nom de la personne protégée, ni à l'ouverture d'un autre compte ou livret auprès d'un établissement habilité à recevoir des fonds du public.

 

Les fruits, produits et plus-values générés par les fonds et les valeurs appartenant à la personne protégée lui reviennent exclusivement.

 

 

b - La création d’un mandat de protection future

 

La Loi propose de donner à chacun le pouvoir d’organiser lui-même sa propre protection future en désignant un tiers pour veiller sur sa personne et ses intérêts le jour venu qu’il s’agisse d’un membre de la famille, d’un proche ou d’une personne morale agréée.

 

C’est le mandat qui fixera la mission et l’éventuelle rémunération du mandataire et définira l’étendue de ses pouvoirs.

 

Cette volonté de la personne s’imposera à tous, et le Juge des tutelles éventuellement saisi devra en tenir compte.

 

Ce mandat pourra être établi par acte sous seing privé ou par acte notarié.

- par acte notarié - ouvre une protection juridique très étendue qui pourra couvrir des actes de disposition du patrimoine, sous contrôle du notaire.

- par acte sous seing privé – donne au mandataire les pouvoirs d’un administrateur légal sous contrôle judiciaire et se limitera aux actes conservatoires et de gestion courante.

 

Ce mandat de protection future crée un régime de représentation sans entraîner l'incapacité de la personne représentée.

 

Le mandat de protection future ne sera mis en œuvre que lorsque l’altération des facultés aura été constatée.

 

c – La Sauvegarde de Justice.

 

C’est une mesure temporaire et nécessaire pour l’accomplissement de certains actes déterminés.

 

- La personne conserve l’exercice de ses droits.

 

- Dès connaissance de l’ouverture d’une mesure de sauvegarde, accomplissement des actes conservatoires du patrimoine de la personne.

La mesure ne peut excéder un an renouvelable une fois. Elle prend fin à l’expiration du délai ou après l’accomplissement des actes pour lesquels elle a été ordonnée.Elle prend fin également par l’ouverture de mesure de curatelle ou de tutelle.

 

 

3 – PROFESSIONNALISER LES INTERVENANTS EXTERIEURS A LA FAMILLE.

 

La Loi crée un statut unique pour les professionnels.

 

a – Les Mandataires Judiciaires de Protection des Majeurs

 

            Exercent à titre habituel les mesures de protection des majeurs que le Juge des Tutelles leur confie :

 

            - Sauvegarde de Justice

 

            - Curatelle

 

            - Tutelle

 

            - Mesure d’accompagnement Judiciaire

 

            Ils sont inscrits sur une liste dressée et tenue à jour par le Représentant de l’Etat dans le Département.

 

 

 

Cette liste comprend :

 

                        - Les services mentionnés au 14° du I de l’Article L 312-1 du Code de l'action sociale et des familles (Les services mettant en œuvre les mesures de protection des majeurs ordonnées par l'autorité judiciaire au titre du mandat spécial auquel il peut être recouru dans le cadre de la sauvegarde de justice ou au titre de la curatelle, de la tutelle ou de la mesure d'accompagnement judiciaire).

 

                        - Les personnes agréées au titre de l’Article L 472-1 du Code de l'action sociale et des familles (Les personnes physiques qui exercent à titre individuel et habituel les mesures de protection des majeurs ordonnées par l'autorité judiciaire au titre du mandat spécial auquel il peut être recouru dans le cadre de la sauvegarde de justice ou au titre de la curatelle, de la tutelle ou de la mesure d'accompagnement judiciaire font l'objet, préalablement à leur inscription sur la liste prévue à l'article L 471-2, d'un agrément en qualité de mandataire judiciaire à la protection des majeurs.)

 

                        - Les personnes désignées dans la déclaration prévue à l’Article L 472-6 du Code de l'action sociale et des familles (Un établissement mentionné au 6º ou au 7º du I  de l'article L. 312-1 ne peut désigner l'un de ses agents en qualité de mandataire judiciaire à la protection des majeurs que si un exercice indépendant des mesures de protection qui lui sont confiées par le juge peut être assuré de manière effective).

 

   A Robert Dumont la difficile tâche de la synthèse des travaux

Roger Pellissier

 

 

Par CODERPA 06
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Samedi 6 janvier 2007

Comité Départemental des retraités et personnes âgées des Alpes Maritimes

 

LE DEBAT

 

Je viens d’être saisi d’une lettre de Monsieur Alain Bonnefoy, membre de notre

commission, concernant la situation de personnes âgées devenues sans domicile

fixe. Ce thème fait par ailleurs l’objet d’un débat politique où deux principes constitutionnels s’affrontent : ceux de l’emblème de notre République avec l’

égalité et la fraternité proclamées et d’autre part l’affirmation du respect du droit

de propriété.

 

Je te prie de trouver ci-joint copie du courrier adressé à Christian ESTROSI par

Daniel CASTELLANI Secrétaire Général de l’USR CGT 06 pour améliorer le guide

du Bien Vivre édité par la Conseil Général. J’espère qu’il demandera à Monsieur BLAISE

que nous avons rencontré le 14 novembre 2006. Il a dans son ordinateur toutes les

informations indispensables pour effectuer ce travail et que nous pourrons collaborer.

 

Je profite de ce courrier pour t’informer que dans Nice Matin du 1er décembre dans la

rubrique « social » un article qui débute ainsi : « les retraités descendent dans la rue ….

Pour y dormir ….. Des personnes âgées qui ont une trop petite pension pour pouvoir se

loger en sont à dormir dehors.

 

Cette nouvelle population représente 7% des 719 personnes secourues par le 115 (soit

environ 50 personnes âgées). A côté un autre article : L’opération « Sacs de couchage »

de Lili SETTON.

Après avoir travaillé, participé pendant de longues années à la richesse de notre pays et

avoir en remerciement un sac de couchage pour dormir dans la rue ! …..

Il y a de quoi avoir les cheveux qui se dressent sur la tête,  même quand on a plus de cheveux.

Que peux faire le CODERPA ?

L’aide personnalisée au logement (APL) doit permettre de payer une grande partie du loyer ?

Le CODERPA peut-il intervenir ? votre mission le permet elle ?

Une bonne nouvelle quand même pour les personnes âgées : Le gouvernement voulait fermer massivement des lits en long séjour, la mobilisation des gériatres, des soignants, des élus de gauche l’a fait reculer. Ce projet de réforme a été concocté sans bruit au ministère de la Santé.

Après avoir affirmé en haut lieu que les 2/3 des 80 000 patients hospitalisés dans les unités de longue durée (SLD), des hôpitaux n’y seraient pas à leur place, la solution proposée : fermer ces lits et les reconvertir en places dans les Etablissements d’Hébergement de Personnes Agées Dépendantes (EHPAD), censés être plus adaptés.

Un grand nombre des 1044 unités de long séjour étaient condamnées …..

 La mobilisation a finalement contraint le gouvernement à suspendre son projet, mais beaucoup reste à faire pour relever le défi sanitaire du vieillissement.

En réponse à cette lettre ma position personnelle est d’appuyer une revendication sur des éléments chiffrés. En deuxième lieu notre commission peut améliorer les choses au plan local mais reste inefficace si elle fonctionne en vase clos. C’est la raison pour laquelle la bataille à mener est une bataille de conviction et d’explication. Nous devons être neutres au plan politique car la situation actuelle est une construction où de nombreux gouvernements différents ont œuvré.

Notre Commission peut faire apparaître les éléments suivants :

 Revenus fiscaux 2000

 

 

 

Revenu médian

 

 

1er décile

 

 

9ème décile

 

 

Dispersion

 

 

Alpes Maritimes

 

 

14318

 

 

4422

 

 

30583

 

 

6.9

 

 

PACA

 

 

13409

 

 

3861

 

 

28098

 

 

7.3

 

 

France métro

 

 

13999

 

 

5152

 

 

28657

 

 

5.6

 

 

 

 

Niveau de vie moyen en fonction de l’âge  

 

 

 

1996

 

 

2001

 

 

60 ans

 

 

15100

 

 

16010

 

 

60 à 69 ans

 

 

15500

 

 

16800

 

 

70 ans et +

 

 

14730

 

 

15380

 

 

Nota. La progression du pouvoir d’achat est inférieure à celle du coût de la vie sur ces 5 ans. La progression du coût de la construction sur une seule année est supérieure à la progression du pouvoir d’achat des retraités sur 5 années.

 Le classement des communes du 06 pour le 1er décile

 

 

 

Plus faible revenu

 

 

 

 

Plus fort revenu

 

 

Nice

 

 

4687

 

 

Mandelieu

 

 

8255

 

 

Vallauris

 

 

4278

 

 

La Trinité

 

 

8454

 

 

Vence

 

 

4476

 

 

Villeneuve Loubet

 

 

7685

 

 

Nota. Le revenu moyen du 1er décile du 06 était de 5835 euros par an

 

La baisse progressive des revenus des personnes âgées a été accentuée ces dernières années par :

-          la désindexation des retraites vis-à-vis des évolutions salariales

 -          des augmentations continues des prélèvements sociaux : CSG-Mutuelles, qui ont neutralisé les progressions des retraites,

 -          une suppression de l’abattement des 10% pour les retraités, remplacé par un montant forfaitaire,

 -          une volonté de limiter le montant des retraites de réversion (alors qu’une personne seule a plus de charges fixes),

 -          un allongement des durées de travail avec des pénalisations pour les carrières incomplètes qui touchent les femmes plus que les hommes à cause des naissances et de temps partiels (bien que ce facteur démographique très favorable au pays soit si mal récompensé).

 

Elle peut aussi demander à ses membres d’affirmer au plan national certaines revendications, reprises par le Comité National des Retraités et personnes âgées, en 2006.

 Elle peut aussi demander des augmentations des retraites dans le cadre de la Semaine Bleue ce qui a été le cas en 2006.

 

Toutefois notre commission ne peut pas tout et la défense des Retraités pose un problème particulier dans la mesure où se développe progressivement un climat anti-retraités. Les retraités coûtent trop cher aujourd’hui et plus encore demain. C’est bien le discours que nous entendons tous les jours et il va en sens inverse de nos préoccupations !

 En ce qui concerne les sans logis. Le CODERPA 06 a témoigné de sa solidarité vis-à-vis des accidentés de la vie lors de la quinzaine de mobilisation organisée par FNATH. Les accidentés de la vie perdent leur emploi, puis leur logement face à l’insuffisance de l’allocation qui leur est accordée. Une campagne massive de distribution de simili cartes d’électeurs sur les pare-brise des véhicules a été un moyen d’influencer les pouvoirs publics. Cette carte était intitulée « carte de laissé pour compte » et mentionnait le montant de l’allocation mensuelle. Il y a quelques jours, le Ministre de la Santé a annoncé une revalorisation des allocations, en réponse à ces manifestations dans toute la France.

 

On voit donc que la solution de nos problèmes passe bien par une mobilisation et une campagne d’information et de sensibilisation du public. (Voir le compte-rendu sur ce site de notre visite à la FNATH du 8 novembre avec MM. Marpinaud et Muller)

 Comme nous sommes entrés en campagne électorale la situation des sans logis fait l’objet de nombreuses prises de positions dont il faudra mesurer la valeur à l’aune des lois et circulaires d’application (25% des lois restent inappliquées faute de ces circulaires). En tant que Personnes Agées nous détenons l’historique, plus que toute autre catégorie des promesses non tenues, car nous en avons entendus tant et tant !

Le CODERPA peut montrer que la baisse programmée des retraites aura de terribles conséquences pour les finances locales qui héritent de nouvelles responsabilités. Le recours à l’APA sera de plus en plus fréquent tandis que les finances locales ne sont pas forcément les plus équitables au plan de leur recouvrement. Il faudra aussi penser à une péréquation de leurs finances dans le cas où nombre de retraités choisissent de vivre dans quelques départements du Sud. De ce fait de nombreux autres départements ne participent pas équitablement à ces dépenses !

 En conclusion, je souhaite que d’autres intervenants prennent aussi la parole, dans un débat qui ne fait que commencer.

 

Guy Muller

 

Par CODERPA 06
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