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Entretien avec Monsieur Perez

par CODERPA 06 22 Septembre 2007, 12:45 MAISONS DE RETRAITE

  Première Commission  

Maisons de retraite

Cycle de rencontres avec les Responsables de Maisons de retraites.

 

Le Coderpa procède à des rencontres avec les chefs de file des trois types de maisons de retraite : les maisons de retraite privées, les maisons de retraite publiques enfin les maisons de retraite associatives. Ces rencontres constituent la première vague de recueil d’informations et d’échanges entre ces responsables et le Coderpa. A l’expérience, il apparaît que ces entretiens traitent de nombreux thèmes qui feront l’objet d’approfondissements ultérieurs. C’est ainsi que le thème de la bientraitance/maltraitance a été abordé une nouvelle fois par Monsieur Perez, après Monsieur Brami. La bientraitance se retrouve dans leurs propos au plan du respect des personnes accueillies par des consignes écrites déclinées auprès du personnel ou par des grilles d’auto évaluation des risques de maltraitance. Il existe donc un lien avec l’enquête en cours sur les manifestations de maltraitance et leur évaluation réalisée par le réseau Almazur.  

Le souci de nos représentants est de montrer une solidarité vis-à-vis de nos mandants dont les parents ont été confiés à ces institutions. Le rôle du Coderpa est donc d’assurer une représentation dans un secteur qui regroupe 230 établissements dont nous ne pouvons pas faire le tour exhaustif complet. Dans mes permanences et réunions mensuelles le souci du sort des résidents est constant, surtout au moment de rechercher une maison de retraite d’accueil pour les proches.

Guy Muller

 

 

 

Rencontre  avec M. PEREZ, Responsable  de l’ UDIOPSS le 12 juillet 2007

 Participants : Monsieur Perez, Mme PONS, Monsieur MARMONTELLI 

M. PEREZ, Président du Syndicat des Directeurs de Maisons de Retraite Associatives, nous accueille dans la Résidence « La Colline » route de St Antoine de Ginestière à Nice, maison de retraite dont il est le Directeur.  

 Plusieurs thèmes sont abordés : les places disponibles en maisons de retraite et les listes d’attente, les besoins en personnels et la formation, les conventions tripartites, les tarifs, la maltraitance.  

 Le Centre I. Fink « La Colline » dispose de 176 lits au total, incluant les lits d’accueil pour Alzheimer situés dans un bâtiment en cours de finition. Des personnes valides ou dépendantes peuvent être accueillies pour des séjours temporaires ou de longue durée.  

Une équipe médicale attachée à l’établissement et regroupant 1 Gérontologue, 1 Cardiologue, 5 Infirmières, des Aides-soignantes, 2 Dentistes, 1 Psychiatre, 1 Psychologue, 1 Orthophoniste, 2 Kinésithérapeutes, 1 Pharmacien, 1 Diététicienne, 1 Esthéticienne est à la disposition des résidents.  

 Monsieur PEREZ attache beaucoup d’importance à la qualité de vie de ses résidents et, de ce fait, il est très sensible aux problèmes de la maltraitance sous toutes ses formes. Il préfère d’ailleurs parler de bientraitance et nous présente à ce sujet une brochure présentant les douze thèmes et consignes mis en œuvre à la résidence :  

-                                l’accueil : on peut apporter ses effets personnels ; le personnel doit se présenter individuellement et progressivement à la personne qui arrive ;   

-                                le respect : être à l’écoute de chaque personne ; pratiquer le « S.B.A.M. » : « Sourire, Bonjour, Au revoir, Merci » ;

-                                les plus fragiles face à l’Institution : rassurer, expliquer, réinventer l’approche et les solutions propres à résoudre les conflits ;

-                                la communication et l’échange : parler avec douceur, vouvoyer ;

-                                la mobilité : prévenir de son arrivée la personne en fauteuil, laisser les résidents libres de leurs mouvements sauf indication médicale, ne pas fermer les portes à clé…

-                                les repas : respecter les habitudes ;

-                                la nuit : adapter l’heure du coucher aux préférences et permettre la déambulation ;

-                                les moments de détresse : ne pas hésiter à parler de sujets graves comme la mort quand le résident en manifeste le besoin ;

-                                l’image de soi : choix des vêtements ; respect de l’image ;

-                                la fin de vie : aider le résident à formuler ses dernières volontés ; supprimer la douleur ;

-                                respect de la tolérance réciproque ;

-                                une formation du personnel est assurée 2 fois par an.

La loi de 1999 qui prévoyait des moyens pour agir contre la maltraitance n’a jamais été appliquée. Dans ce domaine, la situation est aggravée par le manque de personnels et/ou la présence de personnels non motivés et à la formation insuffisante ou inadaptée.  

La formation des personnels occupe une place importante à la Résidence « La Colline ». Ainsi, une formation interne sur des sujets « pointus » est assurée tous les deux mois. En plus, une formation à la carte est dispensée (agent de convivialité par exemple).

 Sachant que 70% des personnes âgées meurent en institution, le personnel est préparé à la prise en charge de la fin de vie. Lequel personnel est lui-même soutenu, suivi par des psychologues. S’ajoute à ce dispositif, une formation continue assurée par le GRETA, la Croix Rouge… Parallèlement, a été mis en place un système de validation des acquis.   

Le manque de personnels s’explique en partie par l’image négative dont pâtissent les personnes âgées en France. S’occuper des « vieux », comme on dit trop souvent, est considéré comme peu valorisant. 

Monsieur PEREZ souhaite que l’on valorise les tâches qui tournent autour des personnes âgées. Et cela passe par une valorisation de l’image de ces dernières. Les personnes âgées ne demandent pas la charité ou la pitié mais la reconnaissance de leurs droits et de leur dignité. Ainsi, sa résidence a acheté un mini-bus adapté pour assurer les déplacements des personnes handicapées. Il appelle le CODERPA à s’engager encore plus dans ce domaine.  

Monsieur PEREZ attache également beaucoup d’importance aux liens intergénérationnels. Ainsi, pourquoi ne pas construire une crèche à côté d’une maison de retraite ? Le bénéfice serait réciproque.

Monsieur PEREZ plaide pour l’attribution de moyens suffisants aux maisons de retraite publiques et associatives. Avec un prix de journée de 48 euros, il faut faire des miracles pour assurer des services de haute qualité aux résidents.  Des tarifs qui restent cependant élevés au vu des retraites moyennes (1 200 à 1 500 €). Ces tarifs ne permettent pas de réaliser un certain nombre d’investissements qui assureraient une meilleure prise en charge des personnes.   

A ce propos, Monsieur PEREZ nous présente une application possible des technologies modernes qu’on lui a présentée aux Etats-Unis. Il s’agit d’un système de vidéo surveillance qui mettrait la personne âgée en relation constante avec sa famille partout dans le monde. Il a adressé une demande à la Préfecture pour équiper son établissement. Coût : 13 000 euros par chambre.  

Pour conclure, Monsieur PEREZ souhaite que l’on réhabilite l’image des Maisons de Retraite par l’intermédiaire, par exemple, de journées portes ouvertes. Il souhaite une implication plus importante du CODERPA dans cette démarche.

  

Jean Pierre Marmontelli

 

 

 

 

 

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