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Lutte contre la solitude et l'isolement

par CODERPA 06 30 Décembre 2006, 00:34 Visites-Rencontres 2005-2007

Première commission            

 

FA 130 – Comment lutter contre l’isolement et la solitude de la personne âgée ?

 

 Du sentiment de solitude à l’isolement aggravé par un habitat inadapté. De la solitude au confinement, tels sont les risques à éviter.

 

Objectif(s) : Prévention primaire et secondaire des situations d’isolement des retraités et personnes âgées.

 

Description de l’action.

 

Permettre à la personne âgée d’atténuer les modifications physiques et psychosensorielles dues au vieillissement. Ce lent processus (les personnes âgées sont plus lentes) fragilise l’individu entraînant une tendance dépressive avec un risque de repli sur soi.

 

 Il existe une gradation dans l’isolement de par son développement progressif.  En étudiant les facteurs de qualité de vie, on découvrira  ce qui a une incidence sur la solitude.

 

-     La santé. Un maintient en bon état physique suppose un exercice physique régulier, une bon régime alimentaire. Une politique de prévention évite l’apparition de maladies chroniques invalidantes ou la survenue d’une dépendance coûteuse.

 

-          La vie affective. La qualité des relations affectives familiales et amicales contribue au maintien d’un bon équilibre psychologique. L’aïeul a perdu son potentiel de référence et n’est plus une bibliothèque de connaissances. La disparition de valeurs morales aggrave le sentiment d’indignité.

 

-          La vie sociale et relationnelle. Les personnes âgées expriment le besoin d’être reconnues socialement, de se sentir utiles et d’échanger.

 

-          L’inadaptation de l’habitat, aux changements intervenus par le vieillissement de l’habitant,

 

-         La baisse du pouvoir économique (le moteur  des facilités d’adaptations). L’habitat doit être considéré. (Faire prendre en compte le logement mais aussi son environnement, les déplacements, l’accessibilité et les services de proximité nécessaire. Comme les Handicapés…

 

Les propositions doivent s’adapter à une population ciblée.

On distingue trois groupes de « seniors » : Pour chacun la lutte préventive contre l’isolement a un axe différent :

 

    1/   -     Les seniors les plus jeunes, autonomes et consommateurs, les seniors âgés sans problèmes  particuliers en phase de prévention et d’animation stimulante relationnelle : les actions seront axées  sur l’auto formation et le bénévolat dans les associations et services culturels.

 

Observation. Cette fiche est connexe avec la fiche d’action sur la préparation au vieillissement (qui était auparavant la préparation à la retraite). En l’intitulant « vieillissement » on en change l’orientation.

   2/    -     La personne âgée fragile

 

    La fragilité est difficile à définir. C’est un concept complexe avec interaction de facteurs physiques,     neurologiques, psychologiques et environnementaux. La fragilité est alors une véritable histoire naturelle propre à chaque individu. Des déterminants successifs s’additionnent. Le remède consiste en la mise en place d’outils de dépistage précoce. L’évaluation gérontologique peut encore mettre en place une prise en charge adaptée coordonnée et une démarche préventive secondaire cohérente.

 

  3/      -    La perte d’autonomie. Les troubles cognitifs, les troubles de la marche et les chutes, l’incontinence, les risques liés à la poly médication, la dénutrition et les problèmes liés à l’isolement constituent les risques majeurs d’entrée dans la dépendance.

Actions préconisées : voir la fiche n° 126. sur l’animation à domicile.

 

2/ Déterminants environnementaux => : lutte contre l’isolement pour un accès facile aux offres d’animations adaptées, en dehors du domicile « sur la facilitation relationnelle ». Ce sont ceux là qui concernent le Schéma gérontologique et qui sont des animations gérontologiques .

 Choix des actions : l’examen attentif des meilleures pratiques offre de nombreuses possibilités. Les membres du groupe de travail ont ainsi confronté leurs expériences personnelles, participé à des expériences innovantes et visité les sites où se déploient les actions les plus pertinentes susceptibles d’être étendues.

 

 

 

A/ détection des situations de solitude apparente et  d’isolement  à risque par l’ensemble des professionnels sanitaires et sociaux, et par les services à la personne formés à cet aspect gérontologique.  Ainsi, l’expérience « Qualivie » menée à Nice par des médecins permet d’établir une géographie des maux liés au vieillissement.

Le médecin traitant procède au recueil de données médicales, sociales et environnementales. Un comité d’expert monte une base de données informatique permettant de quantifier les indices de fragilité propres à la population considérée. Il résulte des questionnements et des réponses des patients une typologie des risques liés au vieillissement, qui est la suivante :

-          Risque d’isolement : 38% des personnes ont moins d’une visite par semaine,

-          Risque nutritionnel : 16% des cas,

-          Risque de chute : 33% des personnes avouent une chute dans la dernière année, dont 35% ne peuvent se relever seules (ce qui est aggravé avec le risque d’isolement décrit plus haut). A noter que 47% de femmes et 18% des hommes ont peur de tomber,

-          Risque cognitif et troubles de la mémoire : 14% des cas, bien que 39% des personnes se plaignent d’une diminution de leur aptitude,

-          Risque de dépression : 17% de personnes à risques.

Le risque global pour la totalité de la population recensée atteint 40% des patients.

            ACTIONS PRECONISEES. L’intérêt de la démarche Qualivie de Nice consiste à améliorer la qualité de vie des personnes âgées en recensant leurs difficultés, puis en suivant dans le temps l’amélioration de leur situation ressentie. C’est en liant les aspects pathologiques avec le cadre de vie environnemental, que le médecin peut suivre globalement la situation de ses patients. Toutefois ces avancées sont coûteuses en temps consacré en consultation. L’écoute approfondie des patients exige une durée hors des normes actuelles. En dépit de ce coût initial, cette démarche est bénéfique à tous les acteurs de qualivie. Les éléments recensés lors du premier entretien sont inscrits dans un dossier partagé, ils évitent des redondances et prescriptions cumulées. La CNIL a d’ailleurs donné son autorisation à cette pratique.  Cette démarche anticipe les effets de la loi d’août 2005 qui prévoit la création d’un dossier médical personnalisé.

 

B/ selon les Offres de proximité :

-           1/Urbaine dans les groupes « d’animation gérontologique » de type associatif, en économie mixte si nécessaire  pour leur financement… comme ceux réalisés sur le terrain en milieu urbain par les municipalités ,les associations issues des caisses de retraites complémentaires, voir des syndicats ou des associations de retraités. Le rôle important réalisé par les syndicats et associations de retraités doit être mis en évidence de par son caractère volontaire et économe dans l’utilisation des deniers publics. Le texte suivant est issu d’un syndicat de retraités qui semble bien résumer ce que l’on peut faire pour lutter contre l’isolement.

 

ACTIONS  REALISEES.

Les représentants des syndicats et associations membres du Coderpa ne pratiquent pas la génération spontanée. Ils retrouveront tous un exemple de leurs activités dans la lettre d’information envoyée aux membres d’une organisation syndicale.

 

« En nous rencontrant régulièrement, en organisant des permanences, en défendant nos membres contre l’injustice, en développant une information régulière « papier » et « blog internet », en maintenant des rites : rencontres mensuelles, permanences juridiques, galette des rois, voyages, nous agissons dans l’intérêt des retraités. Au plan professionnel, nous maintenons un lien en suivant l’évolution de nos métiers, approfondissant ainsi le lien entre actifs et retraités. Nous leurs donnons des perspectives, des lieux de débat en leur montrant qu’ils ne sont pas seuls. Au lieu de nous plaindre, nous agissons, regrettant l’attitude de ceux qui ne comprennent pas l’intérêt d’un lien associatif ».

 

D’autres activités sont délocalisées par quartier  dans les grandes villes, pour faciliter l’accessibilité de tous.

 

ACTIONS  REALISEES.

 

 Pour tous ceux qui ne sont pas intéressés par l’activité associative ou syndicale des initiatives heureuses et bénéfiques existent au sein du département. C’est le cas de l’Association Bel Age de Cannes qui déploie ses activités sur 9 sites en offrant 10 à 15 ateliers simultanés chaque jour à ses adhérents.

 

            La lutte contre l’isolement des personnes âgées est orientée essentiellement vers des animations ludiques et distractives : 75 activités sont réparties en 172 ateliers. Le programme de ces animations est extrêmement vaste. Les adhérents de Cannes Bel âge sont informés des activités programmées, par l’intermédiaire d’une circulaire qui indique, pour chaque journée le lieu (nom du club dans la ville), l’heure et la nature des activités.

 

Nous avons noté que la programmation des activités est intense : chaque jour 10 à 15 ateliers sont proposés aux adhérents sur l’ensemble de la ville. Comme la ville de Cannes comporte 70 000 habitants et que les clubs « Bel âge » regroupent 9 000 personnes, on doit considérer l’ampleur de l’effort de communication et financier qui y est déployé. C’est un retraité sur trois qui y participe ! Peu d’organismes peuvent se prévaloir d’une position aussi éminente parmi cette population.

 

L’information montante est assurée par un standard téléphonique qui regroupe l’ensemble des appels vers les antennes locales. Des hôtesses sont spécialement formées à l’accueil des personnes âgées qu’elles conseillent. Une grille d’entretien de relance permet de reprendre contact avec les personnes perdues de vue. Un maillage avec les clubs locaux, les données des CCAS, les informations données par des boulangers, bouchers et pharmaciens permettent de retrouver ceux qui ont des difficultés de déplacement. Ces personnes sont alors contactées pour cerner les difficultés éventuellement éprouvées. Peuvent elles s’alimenter seules ? Leur logement est il aménagé, à quel étage se trouve-il, existe-t-il un ascenseur ?

 

-          La ville de Nice opère de la même manière mais en s’appuyant sur les CCAS. Dans les deux cas, l’accent est mis sur les ateliers informatiques, censés donner des outils d’information et de connaissance aux personnes âgées. Ainsi, à Nice l’accès gratuit à des stations de travail, par l’intermédiaire d’agences « Cyber-seniors » a pour objectif d’étendre les échanges via Internet.

 

 

ACTIONS COMPLEMENTAIRES.  Notre constat est que si de nombreuses actions en faveur de la PA sont déployées, leur existence n’est pas toujours connue, par leurs destinataires. En conséquence un effort important doit être réalisé pour faire connaître à toute la population des PA et à leur entourage les moyens mis à leur disposition. La promotion des lieux de vie et de rencontre doit être effective, dans les supports d’information municipaux, dans la presse locale. C’est d’ailleurs en utilisant la presse que les syndicats et associations informent leurs adhérents des rencontres, permanences et voyages prévus. Très souvent la personne âgée ignore l’offre municipale qui se trouve quelquefois à sa porte. Enfin, la lettre du Conseil Général pourrait montrer la géographie des Clic et CCAS, en donnant des exemples d’actions, réunions prévues. Ou en relatant l’objet des réunions passées pour en asseoir l’existence par la démonstration des activités offertes.

 

ACTIONS PRECONISEES. Les aînés ruraux peuvent être de bon conseil pour résoudre les difficultés des PA du Haut Pays.

 

-          2/ adaptation aux situations d’isolement plus difficiles à détecter et palier en zone rurale, et hameaux du  moyen et haut pays.  De nombreuses municipalités ont créé comme dans les villes des ateliers informatiques : ce qui est un moyen de se sentir moins isolé. Mais l’isolement est-il aussi important chez les ruraux ? Des liens de solidarité existent, là où tous les habitants peuvent se côtoyer et se connaître. Ces dernières années, le développement des ventes à domicile à partir de fourgonnettes de boulangers, bouchers, épiciers, vendeurs de surgelés (Picard-Toupargel) rend l’isolement plus supportable qu’en ville. Dans tous les cas il est extrêmement difficile d’évoquer des réalités très disparates selon les localités et vallées (Var, Tinée, Vésubie, Roya sont autant d’entités différentes).

 

-          3/Il faut créer des moyens adaptés de déplacements et  de transports  pour les seniors, en voie de fragilisation ou handicapés moteurs. (Rejoint le problème des handicapés en général)

 

C/  Animation gérontologique globale.

 

ACTIONS PRECONISEES. Formation des retraités à l’accompagnement bénévole des activités des groupements associatifs. La spécialité  des « animateurs de seniors »et/ou  « agents de convivialité gérontologique »  qui s’ exerce  en milieu d’hébergement  de P.A. , devrait aussi pouvoir être transposée dans les associations de retraités  et même aider à pratiquer une animation  au domicile .

 

 

GM le 4 avril 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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