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Alzheimer : Canada, une autre façon de traiter les malades

par DIRPA 24 Août 2009, 00:55 MAISONS DE RETRAITE

Une visite à Giverny (Oise) s’impose dans les jardins de Claude Monet
http://mullerdirpa.over-blog.com/article-34874396.html



ALZHEIMER :
CONFERENCE DEBAT : Un autre regard porté sur les personnes âgées. Quel accompagnement ? Quelle formation des personnels et des aidants ? 

 

 

A l’initiative de Monsieur Philippe MADDALENA, Président de l’A.P.M.E.S.S. 06 et de Monsieur Emmanuel BOUVIER MULLER, Directeur Général du CHU de Nice s’est tenue le lundi 4 mai 2009 à l’Espace des Associations à Nice, une conférence - débat animée par Madame Nicole POIRIER. Directrice de la Maison Carpe Diem, les Trois-Rivières au Québec, Mme POIRIER a mis en place un mode d'accueil des malades Alzheimer  tout à fait original basé sur le respect de l'autre.

 

 

Les âges de la vie - Léon Frédéric - Musée Royal d'Art moderne

En introduction, Monsieur BOUVIER MULLER a rappelé que la prise en charge des personnes âgées était, aujourd’hui, une priorité nationale. Il précise que cette conférence s’inscrit dans le cadre des travaux de l’Espace Partagé de Santé Publique dont il rappelle les composantes. Il se déclare impressionné par les travaux de Madame POIRIER.

Monsieur PRADIER, Chef de Service du Département de Santé Publique au CHU de Nice, rappelle que l’Espace Partagé de Santé Publique réfléchit sur la mise en place de la maison de retraite du 21ème siècle et qu’il est parvenu à élaborer un modèle qu’il compte présenter aux autorités compétentes. Il passe la parole à Madame POIRIER.

 

Le Canada en pointe 

Après visionnage d'un film tourné par une équipe française dirigée par Madame SERFATY à la résidence  Carpe Diem et dans une maison de retraite du Nord de la France, Mme POIRIER détaille le cheminement ayant abouti à cette expérience originale.

     Les débuts remontent à 1985 avec la création de l'association « Société Alzheimer de la Mauricie » dont le but était d'accompagner les familles de malades atteints d'Alzheimer. Puis, l'attention s'est portée sur les malades eux-mêmes pour lesquels a très vite émergée la nécessité de créer une « vraie maison » sans hiérarchie et dans laquelle on s'efforcerait de développer les capacités de chaque personne. Parmi les conditions de réussite du projet,  le travail avec les familles, le recrutement de personnels présentant des compétences relationnelles et, surtout, le respect de la personne se sont très vite imposés à l'équipe.

     Lancée sans permission ni financement, cette expérience a aussi mis en évidence, pour réussir, la nécessité d'un cadre souple. C'est ainsi que, en 1995, c'est un presbytère loué pour la circonstance qui a vu la première expérimentation « grandeur nature ».

     En 2003, c'est l'obtention d'un premier financement pour ce qui n'est toujours qu'une expérience quasi confidentielle qui va permettre de passer à une étape supérieure. C'est-à-dire de mettre en application certaines processus paraissant incontournables à l'équipe: commencer l'accompagnement des familles avant l'entrée dans l'établissement, préparer l'admission définitive par un accueil de jour, puis temporaire. En un mot, offrir à la personne un prolongement de la vie familiale.

     Cette expérience est aujourd'hui reconnue au Canada et dans nombre de pays, mais elle reste toujours marginale.

 

A la recherche de l’humanitude

Parmi les aspects lui paraissant essentiels et ayant orienté la réflexion de tous ceux qui se sont lancés dans cette aventure, Mme POIRIER insiste sur une certaine idée commune à tous et traduite par ces questions: que veut-on faire? Soigner ou surveiller? La réponse qui doit engager toute l'équipe, direction – administration – personnels et familles, peut se résumer ainsi: « oublier ce que l'on est pour découvrir l'autre ». Ou encore : « Ne pas faire à l'autre ce qui nous semble bon pour nous mais ce qu'il attend ». Et pour cela, assurer un accompagnement individualisé parce que chaque être humain a sa propre personnalité, son propre vécu, ses propres attentes.

Ce qui implique de la part de tout l'encadrement et du personnel  compétence – le savoir et le savoir être – et souplesse – pas de rigidité dans la façon de penser. Et donc, prise d'initiatives et de risques avec l'accord des familles.

     Mme POIRIER insiste également sur :

-     le rôle de la direction qui doit avoir une bonne philosophie de la gestion,

–         la formation des personnels,

–         le soutien aux équipes,  

–          l'organisation : rien ne doit être laissé au hasard, 

–         la constance dans l'approche de la prise en charge: pas de comportement changeant en fonction de l'accompagnant,

–         l'importance de relations  basées sur la confiance réciproque avec les familles.

Elle revient sur la nécessaire unité de vue de l'équipe qui passe par le refus de la hiérarchie. Il faut éviter, ajoute-t-elle, les 3 « P »: pouvoir – prestige – pognon.

 
Les vieilles - Goya - Musée de Lille

Le respect de la personne au centre de la démarche

En réponse à un certain nombre de questions venant de l'assistance, Mme POIRIER  fait savoir qu'elle considère l'agressivité des malades Alzheimer non pas comme une agressivité dirigée contre l'autre pour le détruire mais comme un moyen de défense de son intégrité, de son territoire, de sa personnalité. La meilleure façon de rendre quelqu'un agressif est de l'humilier.

La douleur non traitée ou l'inconfort d'une situation pénible qui perdure sont d'autres sources possibles de l'agressivité.

Il faut respecter le rythme de la personne : le patient a des droits non négociables (se lever, marcher, sortir...). Il doit se sentir comme chez lui. Ainsi a-t-il accès à la cuisine, peut-il s'endormir devant la télévision et croise-t-il la nuit du personnel en pyjama.

            Concernant le personnel, il est polyvalent. Leurs interventions évoluent tout au cours de la semaine ce qui permet à chacun de souffler (accompagnement à domicile, présence à la cuisine, accompagnement en institution).

Pour ce qui est des locaux, Mme POIRIER pense qu'un environnement physique pas idéal peut être compensé par un environnement humain.

 

            En conclusion Mme POIRIER a fait preuve, tout au long de la conférence, d'un enthousiasme et d'une force de conviction communicatifs. Elle nous a donné une belle leçon d'humanisme. Reste à savoir si ce modèle pourrait être transposable en France    (coût, rigidités administratives, conservatisme des mentalités...).

 

 Jean-Pierre MARMONTELLI

 

 

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commentaires
M

Ayant reçu ce jour, une formation sur la bientraitance active , je pense que Mme poirier nicole a fait une trés belle chose au québec . Chez nous , (les vieux aux sens nobles) ne sont pas forçément
traitées comme ils le meritent , nous ne nous occupons pas assez de ce qu'ils désirent et trop du temps que cela nous prends . Ils faudrais créées des maisons qui se soucis plus de nos
résidents que du coté financier . Donc prendre exemple sur les investigations de Mme POIRIER qui sont trés réspectueuses envers nos vieux atteints de certaines démences aussi  importantes que
la maladie d'alzheimer . karen ASHQ en EHPAD


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