Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Maltraitance : un nouveau progrès

par DIRPA 20 Février 2009, 14:11 MALTRAITANCE-PREVENTIONS






















Pour la prévention et le traitement de la MALTRAITANCE :

RECOMMANDATION  DE BONNES PRATIQUES PROFESSIONNELLES

 

 

C’est un important document que publie l’ANESM en décembre 2008. Monsieur Marmontelli en fait excellemment le résumé publié ci-après. La Maltraitance a désormais une véritable charte qui exige une surveillance de ces faits selon une définition élargie à l’abus des sédatifs et neuroleptiques, aux injonctions paradoxales, aux exigences de pourboires, etc. C’est un élargissement considérable du domaine et de l’étendue de la maltraitance puisqu’elle va au-delà des définitions du code pénal. Chaque acte de maltraitance fera l’objet d’un écrit, puis d’un suivi par les équipes, sous le contrôle du responsable d’établissement. Ce traitement systématique des faits entraîne de nombreuses conséquences selon la gravité des actes commis. Une pédagogie et une formation seront assurées. Les regards extérieurs seront enregistrés, tout particulièrement les avis donnés par des stagiaires, qui portent un regard neuf sur l’institution où ils exercent.

Ce document est un véritable monument de plus de 50 pages, dont la lecture devrait être obligatoire pour chaque membre d’une association s’occupant de personnes âgées. Il faut saluer la qualité du travail effectué qui jette les bases d’un nouveau regard issu d’une longue évolution dans un traitement plus favorable d’une maltraitance enfin traitée à bras le corps. En disant ce qu’elle est, en la décrivant et en donnant des méthodes aux professionnels pour la combattre, une avancée majeure est opérée.

 

Sous l’autorité de l’Anesm (Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux), une étude intitulée « Recommandation de bonnes pratiques professionnelles – Mission du responsable d’établissement et rôle de l’encadrement dans la prévention et le traitement de la maltraitance » vient d'être publiée.

Cette étude a été réalisée par un groupe de travail de 30 personnes (personnes qualifiées, professionnels, éducateurs, directeurs d’établissement…) et mise en forme par un groupe de lecture de 19 personnes (associations s’occupant de l’enfance inadaptée, médecin coordonnateur, représentant du Conseil Général…).

Ainsi que le précise M. Didier CHARLANNE, Directeur de l'Anesm, les professionnels qui contribuent, au sein ou hors des instances de travail de l'Anesm, à ses travaux, se sont mobilisés depuis plus d'un an autour de la thématique de la maltraitance dans les établissements sociaux et médico-sociaux. Conscients que les procédures et protocoles mis en place ne sauraient tenir lieu d'une véritable démarche de prévention, ces professionnels ont eu à coeur de détailler des pratiques concrètes susceptibles de diffuser une réelle culture de vigilance parmi les membres de l'encadrement et leurs équipes.

 




Partant du principe que « 
la maltraitance n'est pas un risque hypothétique et lointain mais bien un risque incontournable, consubstantiel des pratiques pour tous les professionnels au contact des personnes vulnérables, quel que soit leur métier » et que, de ce fait, « l'exercice de leur mission appelle donc la conscience de ce risque et la vigilance qu'elle induit », la commission définit un certain nombre d'objectifs:

 

         développer une conscience et une connaissance des risques de maltraitance. Ce qui passe par une prise de conscience et une connaissance précise des risques par l'équipe d'encadrement,  par les professionnels et par par les usagers et leurs proches (information, participation);

 

         mettre en place une organisation et des pratiques d'encadrement conformes aux objectifs de prévention de la maltraitance. Ce qui implique une démarche institutionnelle de prévention, la mise au point d'outils à l'appui de la démarche de prévention, un accompagnement qui met en valeur les ressources des professionnels, un encadrement présent et engagé bénéficiant de formation continue (étude en commun de « situations-types » par exemple);

 

         organiser un traitement systématique des faits de maltraitance par un traitement adapté à la gravité des faits, une  communication autour des faits de maltraitance avérés, un suivi et une pédagogie adaptée auprès des professionnels.

 

La définition retenue pour la maltraitance est celle du Conseil de l'Europe de 1987, à savoir une violence se caractérisant par « tout acte ou omission commis par une personne s'il porte atteinte à la vie, à l'intégrité corporelle ou psychique ou à la liberté d'une autre personne, ou compromet gravement le développement de sa personnalité et/ou nuit à sa sécurité financière ».

Cette définition est complétée par la classification que le Conseil de l'Europe a établie en 1992. La maltraitance y est détaillée sous différentes formes comme:

         les violences physiques;

         les violences psychiques ou morales;

         les violences médicales ou médicamenteuses;

         les négligences actives;

         les négligences passives;

         la privation ou violation de droit;

         les violences matérielles et financières.





La Commission  s'applique ensuite à définir les principes éthiques et le positionnement du management. Trois principes sont retenus :


        
l'engagement : en matière de lutte contre la maltraitance, le principe de l'engagement se traduit par le fait que les convictions de l'équipe de l'encadrement ne doivent faire aucun doute pour les professionnels. Elles doivent donc être rappelées à chaque moment de communication institutionnelle opportun, et incarnées dans des attitudes et des décisions concrètes chaque fois que les circonstances l'exigent.

 

     –         la responsabilité : le principe de responsabilité implique que les équipes d'encadrement soient amenées de façon régulière à répondre de leurs actions en matière de prévention et de traitement de la maltraitance. Il est important que les professionnels soient informés de l'existence de ce dispositif de contrôle, afin de savoir que, comme eux, les membres de l'encadrement sont amenés à se positionner clairement.

 

      –         la justice : définie comme juste milieu entre l'excès d'autorité et la permissivité, la justice appelle un positionnement équilibré de l'encadrement correspondant à la volonté de rendre à chacun ce qui lui est dû. Appelée à prendre des décisions rationnelles, et non arbitraires, la justice induit un positionnement rigoureux de l'encadrement à l'égard des professionnels. Il s'agit d'un positionnement distancié et donc crédible pour poser des règles du jeu et les faire appliquer sereinement.

 

L'Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux a été créée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2007. Elle est née de la volonté des pouvoirs publics d'accompagner les établissements et services sociaux et médico-sociaux dans la mise en oeuvre de l'évaluation interne et externe, instituée par la loi du 2 janvier 2002 rénovant l'action sociale et médico-sociale.

 


Jean-Pierre Marmontelli

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
commentaires
E
pour aller plus loin dans la refelexion sur la maltraitance aux a href=http://www.capretraite.fr>personnes agees je vous invite a aller sur ce lien http://www.capretraite.fr/search.php?search=maltraitance&x=0&y=0
Répondre

Haut de page