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Le malaise des MDR des Alpes Maritimes

par DIRPA 6 Février 2009, 10:17 MAISONS DE RETRAITE

Cris d’alarme dans les maisons de retraite des Alpes Maritimes

 

Les Directeurs de MDR expriment leur désarroi

1. Une récente lettre recommandée avec avis de réception adressée au Directeur Départemental des affaires Sanitaires et sociales des Alpes Maritimes apporte des compléments d’information. Cette lettre a un signataire responsable et témoigne du ressenti de 21 établissements des Alpes Maritimes regroupés sous le sigle de l’APMESS.




Je reproduis cette longue lettre en relevant les principaux points suivants : « nous sommes malheureusement confrontés à des situations  identiques » en référence aux émissions télévisées. « Il ne faut pas se voiler la face »

-         oui il n’est pas possible de donner une douche tous les jours,

-         oui, des personnes âgées sont laissées seules devant des postes de télévision,

-         oui, il n’y a qu’un agent de nuit pour 50 résidents,

-  oui, nous sommes confrontés à la pénurie de personnel infirmier,

-         oui, nous manquons de temps médical,

-         oui, nous devons remplacer au pied levé un agent absent par un agent non formé !

Face à cela le contrôle et la répression sont-ils des réponses adaptées ? Dans ce cas il faudra fermer la totalité des établissements du Département.

Non car le problème de fond récurrent et dénoncé depuis des années est celui de l’insuffisance notoire de personnel pour prendre en charge des personnes âgées dont le nombre et la dépendance ne cessent d’augmenter.

Alors qu’attend on pour doter nos établissements en nombre et en qualification suffisant ? Qu’attend-on pour aider et soutenir les professionnels au lieu de systématiquement les montrer du doigt ? Qu’attend-on pour augmenter les budgets de nos établissements tant en soins, qu’en hébergement et en dépendance alors que ceux-ci n’évoluent pas suffisamment ou même diminuent ?

Il y a une urgence à répondre à ces questions.

C’est à un Grenelle de la prise en charge des personnes en hébergement qu’il convient de mettre en place pour traiter réellement la situation.

Notre association qui regroupe 21 établissements sanitaires et médico-sociaux publics et plus de 2800 lits et places est prête à y contribuer.

Signé  Le Président Philippe Maddalena

 



2) Le responsable de la fondation Pauliani dénonce lors de l’inauguration d’une extension le manque de moyens. Il ouvre une extension sans personnel pour la faire fonctionner ! Il lui manque 10 personnes ! J’ai été informé par un adhérent la veille de la publication dans Nice Matin. Le Coderpa n’était pas présent à cette inauguration.

 

3) Le responsable de la Maison Russe dit qu’il est désabusé et que l’avenir risque d’être pire (enquête de Nice Matin) : selon lui les anciens ne sont pas la priorité des pouvoirs publics. Ce témoignage est d’autant plus accablant que les résidents se déclarent unanimement heureux de vivre dans cette institution. L’infirmière qui est interrogée montre tout son désir de faire progresser les résidents et non d’entretenir une régression ! A plusieurs reprises elle a attiré mon attention sur la perversité des critères GIR. Plus les pensionnaires ont de handicaps plus les effectifs alloués sont importants. En, sortant les résidents de leurs fauteuil, on baisse les GIR et on obtient moins de moyens.

 


Ne pas se tromper de débat

 

Dans notre Département l’absence de reprise des réflexions des Directeurs de MDR publiques a de quoi surprendre. Le Coderpa a retenu du débat national 7 lignes, sur les 5 pages de son compte-rendu du bureau du mois de novembre :

 

° « les Infiltrés » : précisions de Mme Valerie LETARD, Secrétaire d’Etat à la solidarité

° Le SYNERPA : réaction aux reportages télévisés visant les maisons de retraite

Ø      tour de table et réactions des membres du bureau :

Ø      « les médias créent l’événement et médiatisent à l’excès,

la majorité des établissements sont très corrects, mais on n’en parle pas ou peu,

il y a aussi des PA agressives, affabulatrices, peu respectueuses du personnel, constat :un besoin de transparence des établissements »

 

Le Coderpa a donc repris les thèses du SYNERPA (MDR privées) sans entendre les plaintes des maisons de retraite publiques. En restant figé sur le débat national, il a oublié l’ensemble des manifestations intervenues dans les Alpes Maritimes après le débat national.

En additionnant les plaintes des seuls Directeurs on dépasse les 10% des MDR des Alpes Maritimes et leur demande de secours vise à améliorer la situation de leurs résidents. C’est un cri d’alarme qui est lancé par les patrons d'institutions qui savent de quoi ils parlent !

 

Si le malaise dans les maisons de retraite est tellement important, qu’il touche l’ensemble des acteurs de l’agent de service au directeur, il générera de plus en plus de maltraitance institutionnelle. Le numéro d’appel unique contre la maltraitance nous offrira bientôt la possibilité de connaître l’ampleur du désastre en cours. L’exploitation des 40 000 dossiers déclarés, au numéro unique de la maltraitance au lieu de 10 000 en 2007 offrira l’occasion de connaître les visages de la maltraitance. Nous aurons une vision exacte de la gravité de la situation.

La maltraitance institutionnelle a une définition simple. C’est la multiplication des actes de toute nature donnés à accomplir à un personnel durant un laps de temps. Ainsi en mesurant le temps alloué aux toilettes, à la remise en état de la chambre, on a transporté les normes de l’hôtel à la MDR. C’est donc au personnel qu’il revient d’assumer ces tâches en un temps alloué. Reste-t-il encore du temps pour dialoguer, soigner les âmes des résidents après avoir soigné les corps ? En conséquence la maltraitance dépend de deux facteurs qui s’imbriquent :

-         quel est le coefficient d’encadrement des résidents par le personnel ?

-         quel est le coût d’une mise à niveau pour parvenir à éliminer ce type de maltraitance ?

 

L’avenir nous dira si tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Un débat profitable aux retraités et personnes âgées s’ouvre.

 

Guy Muller

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