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L'appel au secours de la Maison Pauliani

par DIRPA 10 Décembre 2008, 19:52 MAISONS DE RETRAITE

Maltraitance : la maison Pauliani de Nice lance un appel aux notables

 



Comme un coup de tonnerre dans un ciel serein le Président de la Fondation Pauliani a tancé les officiels présents lors de l’inauguration de l’extension de sa maison de retraite du 13 novembre. Dès midi tapant au son du canon de la ville, commençait l’inauguration de l’extension des chambres de la maison de retraite. Les personnalités présentes étaient nombreuses citons parmi elles Rudy Salles, député, Jean Icart et Monseigneur Sankalé, évêque de Nice. Rappelons que le projet de la future maison de retraite est d’augmenter son nombre de résidents pour le porter à plus de 200 personnes. Avant d’y parvenir  plusieurs opérations à tiroir sont nécessaires, dont l’inauguration d’hier était un point d’étape. Dès lors les personnalités présentes étaient venues recueillir les dividendes de leur investissement.  Le montant des travaux financés par le Conseil Général, l’Etat, plusieurs caisses de retraite offrait l’occasion aux orateurs de montrer leur solidarité vis-à-vis des vieux de notre cité. Malheureusement Louis-Xavier Michel, président de la Fondation devait doucher les propos trop flatteurs entendus lors de toute bonne inauguration. Il mettait fin aux beaux discours contenant les platitudes ordinaires sur le respect,  l’humanité due aux personnes âgées.

 

C’est donc dans un discours sans langue de bois qu’il lance un cri d’alarme au personnel politique.

« Nous sommes loin de respecter la bien-traitance ». Nos pensionnaires manquent de soins, de suivi, d’écoute, de temps de partage. Mais quelle est la cause de cette situation s’interroge-t-il ? Nous n’avons pas de personnel en nombre suffisant pour s’occuper de nos résidents. Il s’indignait d’avoir vu retoquer toutes ses demandes pour renforcer l’effectif en place.

« Notre personnel est à bout et n’arrive plus à faire face à toutes ses tâches. » Il jette enfin un beau pavé dans la mare en parlant très concrètement de la maltraitance au quotidien. Maltraitance institutionnelle certes mais organisée par le manque cruel d’effectif. « Nos pensionnaires sont des victimes d’un système lorsqu’elles bénéficient de toilettes quotidiennes expédiées et  de douches à la programmation incertaine » Obliger un pensionnaire à avaler un repas en 6 minutes, ne pas parler aux pensionnaires, c’est de la maltraitance ».


Se tournant vers les élus présents, le Président de la Fondation « invoquait le respect dû aux aînés afin qu’ils reçoivent les soins de qualité auxquels ils ont droit ! ».  « Nous sommes tous responsables de la situation présente ! » était la conclusion logique de son intervention.

 

Le quotidien Nice Matin donne un compte rendu plus édulcoré de l’inauguration. L’avis de Zoé Tronché aide soignante à Pauliani apparaît très accablant. Le malaise du personnel est exprimé dans la concision du constat « la maltraitance est aux portes de notre maison de retraite ». Zoé explique que faute de personnel tout est expédié en déplorant la fatigue de l’ensemble d’un personnel exténué.

 

En conséquence le constat déjà effectué dans deux émissions télévisées montre le mal être de personnels confrontés à un échec relationnel personnel avec des résidents. Ce malaise est bien sûr transporté au domicile des personnels en diminuant nettement leur enthousiasme. Comme dans d’autres professions, le stress de l’objectif, accompagné par une mauvaise répartition du travail, fait reposer sur le premier maillon en contact avec « le client », les défaillances de l’organisation.

 

François Duplessis

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