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ALMAZUR et la Maltraitance (suite)

par DIRPA 19 Juin 2008, 16:38 MALTRAITANCE-PREVENTIONS

          
La perception de la maltraitance

 

Le CODERPA des Alpes Maritimes avait à son ordre du jour du 15 mai un exposé de Madame Falentin qui avait été précédé par la communication d’un dossier chiffré sur la nature des maltraitances analysées par des professionnels. Ce dossier rédigé par Monsieur Muller reposait entièrement sur les données fiabilisées du réseau ALMA France et Almazur après plusieurs entretiens avec Madame Falentin. La première partie de ce dossier qui contient les éléments chiffrés est consultable en suivant le lien :

http://mullercoderpa06.over-blog.com/article-17701799.html

La maltraitance des personnes âgées est aujourd’hui connue. Elle fut dernièrement mise en évidence lors d’interviews de personnes âgées en situation de dépendance. Pourtant ces personnes âgées ne s’étaient jamais plaintes et leur entourage ne semblait pas avoir pris conscience de leur souffrance. Le rapport du nombre de victimes reconnues par une antenne d’écoute serait de 1 pour mille.

-         la banalisation : C’est comme ça et ça ne peut pas changer. La victime estime que sa situation de dépendance l’oblige à se contenter de ce qu’on peur lui donner,

-         la dénégation de la plainte. La famille se demande de quoi se plaint-elle ? La victime ou la famille constatent leur impuissance. Il ne reste qu’à se taire

-         le déni de douleur morale entraînant des troubles physiques. Troubles digestifs, insomnie, fatigue, sans cause décelable,

-         la peur de représailles,

-         la difficulté de faire un signalement aux autorités en l’absence d’actes délictuels évidents,

-         le retentissement émotionnel sur l’entourage.

 

La maltraitance entraîne souvent une fuite ou l’impossibilité de prendre le recul nécessaire pour apprécier la réalité. Elle est un phénomène caché, honteux, tabou. Cette caractéristique colle avec notre fonctionnement social.

C’est pour ces diverses raisons que les pouvoirs publics ont tenté de créer un système d’écoute de la maltraitance par l’intermédiaire des réseaux d’écoute existants.

Ce réseau s’est développé en France et a récemment fait l’objet d’une évolution par la création d’un numéro national d’appel. Les conséquences de la création de ce numéro montrent un triplement du nombre de cas transmis à Almazur, sur les premiers mois de fonctionnement du numéro national. 

 

En consultant ce jour Internet au sujet des livres traitant de la maltraitance, j’ai obtenu 6 réponses. Sur les 6 réponses (cf. livres) 5 sont consacrées à la maltraitance des enfants. Une seule traite de la maltraitance des personnes âgées « violences invisibles » de Robert Hugonot, le créateur du réseau ALMA. Le thème de la maltraitance n’est donc traité par personne d’autre que celles qui sont au cœur du constat chiffré. N’est ce pas étonnant et hautement symbolique de l’invisibilité de ces violences ?




Le musée Masséna après sa rénovation

 

Le Débat qui suivait l’exposé a été très dynamique par le nombre des interventions :

 

Quelles sont les dernières données recueillies par le numéro national ?

Tour à tour interviennent Robert Dumont et Michel Roman sur le constat effectué par Madame Falentin. Elle leur répond que la seule information sûre est le triplement du nombre de dossiers traités par Almazur. Cette progression n’est pas locale mais nationale. Elle est due à l’augmentation du nombre de jours de réception des appels.

Le traitement des cas demande une fiabilisation préalable des données par :

-         une nouvelle interrogation des personnes ayant appelé, par d’autres écoutants, l’appel national renvoyant sur les antennes locales,

-         un examen et une orientation sur le comité déontologique concerné, selon la nature de la maltraitance,

-         une affectation à une catégorie de maltraitance, un déclassement du cas, une affectation différente de celle précédemment réalisée.

-         un suivi des cas avec les professionnels concernés,

-         de nouveaux contacts pour constater l’amélioration ou la carence des actions correctrices.

Ce circuit de fiabilisation des données peut durer deux années. En conséquence il est impossible d’avoir un résultat immédiat qui forcerait ou orienterait les données suivies.

 

Monsieur Robert Dumont avait en préalable souligné l’intérêt de fiabiliser les données enregistrées compte tenu des risques causés à l’égard des personnels ou des cadres des établissements. Son intervention était l’occasion de nous informer de l’intérêt porté par le Conseil Général en ce qui concerne la maltraitance dans les Maisons de Retraite. Un dispositif d’inspection est en effet mis en place compte tenu du constat qu’une quinzaine d’établissements seraient manifestement hors des clous. Ces importants risques (diffamation, mauvaise image) sont effectivement destructeurs. Pour les endiguer la seule réponse réside en une fiabilisation des données… ce qui prend un certain temps.

L’affectation sûre à une catégorie donnée interviendra pour les signalisations 2008 en 2009, voire en 2010 pour les cas les plus difficiles.

 

Monsieur Muller indique que les échantillons Almazur, Almafrance sont statistiquement représentatifs et que le dossier distribué lors de la réunion du Coderpa du mois de mars 2008 est valide. Il remarque que plusieurs questions montrent que certains ne disposent pas des données déjà communiquées (y compris par Internet) et distribue à nouveau le document. Alma France ayant dû communiquer son rapport d’activité pour l’année 2007,  les chiffres peuvent être actualisés. L’invisibilité frappe encore !!

 

Madame Pellatier rappelle que l’Observatoire gérontologique traite de la maltraitance. Son intervention pose donc le problème de l’information interne entre Observatoire et Coderpa.

Comme avec Almazur (depuis 2002) il n’y a pas de formalisation des échanges.

 

Monsieur Marmontelli et Madame Falentin estiment que ces informations (sur les maisons de retraite) sont très fortes. Elles montrent la difficulté de réaliser une enquête couvrant l’ensemble des établissements. Au rythme actuel des inspections programmées il faudra 15 à 20 ans pour réaliser le programme. Il faut surtout entendre pour Monsieur Marmontelli que la progression du constat (triplement des maltraitances constatées) impliquerait une réponse beaucoup plus rapide. Les contrôles annoncés sont bien loin de répondre à la gravité du constat que chacun peut faire.

 

Madame Falentin répond à Monsieur Toussaint qui parle de la bien-traitance (objet d’une fiche du CODERPA dans le cadre du schéma gérontologique). Elle déclare en ce qui concerne la maltraitance « qu’elle existe, qu’elle est sérieuse et qu’elle mérite d’être enregistrée et étudiée par les référents du domaine considéré ». Le dossier remis ce jour sur le lancement du 3977 parle du numéro national contre la Maltraitance. Le dispositif de campagne du secrétariat d’état à la solidarité s’adresse aux personnes âgées et aux personnes handicapées. Il indique sur l’affiche nationale « La Maltraitance est une réalité, il faut en parler ». Une campagne nationale de communication est prévue en 2008 sur ce thème par l’intermédiaire de l’ensemble de la presse quotidienne et hebdomadaire. Chaque participant à la réunion de ce jour a reçu en communication le dossier de presse sur «  la maltraitance des personnes âgées et des handicapés, un phénomène multiforme »

 

Monsieur Wanjberg (association d’handicapé) intervient pour indiquer qu’il est tout a fait d’accord sur l’invisibilité des atteintes qu’il a subies. Toutefois étant personnellement concerné il souhaite l’ouverture d’un dossier par Madame Falentin qui est d’accord pour le rencontrer.

 

Monsieur Muller rappelle qu’Almazur est une structure de bénévoles qui voit la dimension de son problème tripler. Il lui faut recruter d’autres écoutants pour accélérer le rythme du travail des cas qui lui sont soumis. C’est la raison pour laquelle lorsqu’il est demandé à Madame Falentin quelle aide le CODERPA peut lui apporter, c’est en programmant une intervention dans le cadre de nos associations que nous pouvons l’aider !!! Elle peut susciter les vocations nouvelles qui lui sont indispensables.



La basilique de Menton
 

 

Historique-Sources

 

Au nom de l’ensemble du Coderpa, je tiens à remercier très chaleureusement Madame Falentin pour sa contribution. Elle a répondu à deux de nos visites mais a réalisé un important travail de gestion des données locales répondant à toutes les demandes d’information exprimées. Elle a aussi communiqué le dossier national d’Alma qui publie l’ensemble des cas recensés dans le rapport d’activité de 2006.

 

-         Grilles d’auto-évaluation des MDR crées par Monsieur Brami pour évaluer en établissement les risques de maltraitance,

-         Démarche expérimentale en 2004 dans 5 départements témoins d’un dispositif d’écoute et de traitement des cas de maltraitance,

-         Rapport de 2006 de l’IGAS  imprimant une accélération des mesures à prendre dans un rapport de 97 pages,

-         Guide du comité national de vigilance prévoyant une auto-évaluation régulière des établissements,

-         Décret du 12 mars 2007 Créant le Comité National de Vigilance contre la maltraitance,

-         Discours de Philippe Bas du 14 mars 2007 annonçant un vaste plan d’action contre la maltraitance et sa volonté de créer un numéro d’appel unique national.

 

Le Coderpa 06 suit depuis très longtemps l’évolution de la maltraitance. Il a eu l’occasion de donner au Conseil Général une fiche qui résume sa position dans le cadre du schéma gérontologique. Nous ne devons pas oublier les travaux réalisés par le Dr. Bezon, (alors président du bureau du CODERPA06) qui ont d'ailleurs servi de première base de travail pour la 1ere commission. Un DVD de présentation de la protection des PA est utilisé pour des présentations dans le Département. Notre ami Bezon développait aussi ces thèmes au sein de l'Observatoire, et avec Mme Pelatier ils nous informaient de l'avancement de leur démarche.

Le CODERPA/06 a aussi travaillé sur la BIENTRAITANCE. En effet, comme en toute situation,  il est opportun d'inciter à des comportements positifs et c'est ce qui motivait nos prédécesseurs (MM BEZON, FENASSE) puis leurs successeurs dès 2003 (MM  TOUSSAINT, PRASCIOLU) à faire savoir comment rendre plus confortable la vie de la PA, notamment par la dignité et le respect qui lui est dû.

En résumé leur approche était de réprimer la maltraitance et d'inciter à un comportement de bientraitance.



Vue vers l'Italie
 

 Nota : ce dossier forme un tout avec le document précédemment publié sur ce site en date du 14 mars 2008. Il fait l'objet d'un document unique dans la version communiquée aux membres du Coderpa.

 

 

Guy Muller
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