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La maltraitance mesurée par ALMA

par DIRPA 14 Mars 2008, 19:41 LA DEFENSE DES RETRAITES

Comité Départemental des retraités et personnes âgées
Des Alpes Maritimes

 

La maltraitance est punissable pénalement 
 
Dossier Maltraitance
 
Le réseau national ALMA
 
Le réseau des centres d’écoute de la maltraitance se développe en France depuis l’année 1995. Il est constitué de centres départementaux disposant d’un dispositif d’écoute géré par des bénévoles et d’observation effectué par des référents. Le centre Almazur des Alpes Maritimes a été créé en 1999. Actuellement le dispositif s’étend et couvre 55 départements (Var en 2006). Il concerne environ 65% de la population. La région parisienne est gérée par un autre organisme l’AFBAH.
Alma fonctionne avec 5300 bénévoles assurant 3800 permanences téléphoniques.
 
C’est une convention pluriannuelle qui, signée entre Alma et le Ministère des Affaires Sociales, permet de développer le réseau selon les axes suivants :
-          5 à 10 ouvertures de centres d’écoute par an,
-          aides à la formation d’écoutants,
-          contribution à la meilleure connaissance de la maltraitance.
Le réseau Alma doit produire un rapport statistique annuel ; décrire l’impact des antennes locales et l’effectivité des partenariats locaux avec la DDAS et divers services des Conseils Généraux.
 
L’évolution du nombre d’appels reçus a été le suivant :
- 1995            1 634
- 2005          11 313
 
Ces dernières années, le réseau Alma s’est ouvert en direction des personnes handicapées. Il compte 21 centres actifs.





Le point sur les activités d’ALMAZUR
C’est par l’intermédiaire de deux rencontres avec Madame Falentin (vice présidente d’Almazur) qu’un point a été réalisé pour examiner le fonctionnement de ce dispositif d’écoute sous deux angles :
-          la fiabilisation des données reçues par l’organisation et le professionnalisme des écoutants,
-          la recherche d’un échantillon statistique représentatif de la maltraitance.
Les Alpes Maritimes disposent d’un lieu d’écoute à Cannes dans les locaux d’un SSIAD. La création du dispositif d’écoute s’est faite à travers la rencontre de M. Michel Céva, infirmier libéral et président d’Almazur avec le professeur Hugonot en 1998.
 
Les écoutes sont hebdomadaires le mardi et le vendredi de 9 heures à 11 heures 30. La réception des appels est réalisée par des bénévoles écoutants au 04.93.68.58.09.
 
 
 
Fiabiliser l’enregistrement des cas de maltraitance
 
C’est un enjeu important qui suppose une organisation préalable. Les écoutants travaillent toujours en binôme et rappellent aussi en binôme pour compléter les dossiers. Un cahier d’écoute à trois volets permet l’enregistrement des plaintes. L’original reste attaché au cahier, alors que les doubles sont transmis au siège à la coordonnatrice qui traite les données et réunit les référents pour le suivi des dossiers. Selon l’urgence, les informations recueillies sont transmises par mail ou par téléphone en fin d’écoute à la coordinatrice.
La coordonnatrice met à jour les dossiers à l’aide d’un outil informatique, les modifie le cas échéant et les imprime.
 
Afin de mieux cerner les manifestations de maltraitance, Madame Falentin a fait tourner son outil informatique pour donner des chiffres incontestables en ce sens qu’ils s’appuient sur un échantillon statistique de 1564 appels reçus en cinq ans.
 
Enregistrement des cas selon une grille à double entrée qui cite les risques selon leur nature et leur provenance.
Les 1564 appels reçus en 5 ans par Almazur se répartissent de la façon suivante :
-          1019 relevant de la maltraitance,
-          545 relevant d’autres demandes,
-          248 dossiers ouverts pour traitement.
 
Quel est le profil des maltraités ?
233 femmes, 93 hommes, 3 couples.
 
Les types de maltraitance :
- Physiques                                  67
- Psychologiques                        137
- Financières                                81
- Médicales                                  24
- Négligences                               41
- Civiques                                       9
- Voisinage                                   13
- Confusion                                   10
 
Les auteurs des maltraitances :
-  Fils                                              64
-  Fille                                             42
- Conjoint                                       53
- Petits enfants                              11
- Belle-fille/gendre                         13
- Frère/soeur                                   1
- Entourage non familial                21
- Personnel médical                      43
- Personnel non médical               42
- Tuteurs, curateurs, juges              9
- Autres                                          27
- Inconnu                                         6
 
Les lieux de maltraitance :
- Domicile                                      196
- Institutions                                     34
- Institution privée                            23
- Institution publique                        18
- Domicile de l’enfant                       16
- Famille d’accueil                              1
- Inconnu                                          35
 
Les chiffres d’Alma France
Pour les besoins de cette enquête l’examen des chiffres nationaux d’ALMA donne les résultats suivants en 2005 :
Sur 2432 appels reçus 1150 ont donné lieu à ouverture de dossier pour des faits survenus au domicile et 444 sur des faits intervenus en institution. Au contraire du classement des catégories principales des faits au domicile, les dossiers en institution font apparaître d’importantes différences.
 
Au domicile la maltraitance est en premier lieu psychologique et financière pour obtenir de l’argent. Les chiffres du tableau suivant sont supérieurs à 100% car pour Almazur il existe un lien étroit entre les maltraitances psychologiques, financières et physiques (la maltraitance enregistre deux items). Après obtention de ces moyens financiers, la violence devient physique. Une telle chosification de la personne âgée doit être connue, dénoncée et enfin réprimée.  
 
Types de maltraitance
Almazur
Domicile
AlmaFrance
Domicile
AlmaFrance
Institutions
Psychologiques
55%
32%
21%
Physiques
27%
10%
15%
Financières
33%
21%
16%
Négligences
16%
15%
28%
Médicales
8%
3%
8%
Voisinage
5%
5%
1%
Civiques
3%
8%
7%
 
En institution les négligences atteignent un taux de 28%, les violences physiques 15%, les violences psychologiques sont à 21%, la privation des droits civiques atteint les 7%.
Les personnes âgées en institution se plaignent peu : 15% seulement. Dans l’impossibilité où je suis de publier le document de 50 pages d’Alma France, j’ai cherché au-delà des types de maltraitance quels sont ceux qui maltraitent.
-          44% sont des professionnels,
-          22% sont dits autres personnels.
Ce chiffre par son cumul (66%) nous interpelle de par sa fiabilité. La plainte émane en effet de tiers et non directement des personnes maltraitées. Le retrait des personnes âgées s’explique par des risques de rétorsion. Une implication croissante des professionnels et autres personnes pour 66% montre clairement l’existence d’une maltraitance organisationnelle subie, constatée et bien connue. Le remède réside dans la mise en place d’objectifs d’autoévaluations périodiques. L’amélioration de la formation des personnels révèle peut être aussi des manques de personnel. Insuffisances qualitatives et quantitatives se cumulent sans doute.
La proportion de 35% de négligences en institution contre 65% au domicile revêt un aspect trompeur, car les personnes âgées ne viennent qu’en dernier ressort dans les institutions, souvent trop tardivement au dire des professionnels. Pire il y a moins de 20% de la population qui termine sa vie en institution. Nous sommes donc dans un biais statistique qui exige un redressement.
 
Madame Falentin a donné le maximum d’informations modifiant à ma demande la dimension de l’échantillon pour lui permettre d’être statistiquement représentatif. Elle a remis le rapport d’activité d’Almazur pour l’année 2006, ainsi que le rapport d’activité national pour l’année 2006.
Elle a déclaré en ce qui concerne la maltraitance qu’elle existe, qu’elle est sérieuse et qu’elle mérite d’être enregistrée et étudiée par les référents du domaine considéré.
 
AFBAH
Après mes entretiens avec Madame Falentin, j’ai souhaité connaître le fonctionnement de l’AFBAH qui organise l’enregistrement des actes de malveillance dans la région de l’Ile de France. Cet organisme a enregistré depuis l’année 2004, plus de 8 000 appels. La répartition selon les types de maltraitance s’avère identique au constat réalisé dans le seul département des Alpes Maritimes. Les violences psychologiques et financières y arrivent en tête. La seule différence importante réside dans le nombre important de témoignages anonymes qui atteint les 17%. L’appel anonyme dénonce une situation vécue directement ou dans l’entourage du malade. Il prouve une crainte de représailles à l’égard du patient mais ne peut être traité et s’avère donc de peu d’utilité pour remédier aux maux dénoncés.
L’AFBAH est organisée selon les mêmes méthodes qu’Alma : procédures identiques, logiciel de gestion, appel à des référents professionnels. Il faut savoir que l’AFBAH a démarré en tant que centre d’écoute d’ALMA ce qui explique le fonctionnement. Son comité de pilotage intègre le CORERPA de l’Ile de France..
 
Numéro national - 3977
Depuis le 5 février, un nouveau no national est né de la volonté du ministre Philippe Bas de développer la lutte contre la maltraitance. L’AFBAH assure la première écoute des appels lui parvenant sur le 3977 et transmet l’information à son correspondant départemental le centre ALMA. Ce qui est intéressant, c’est l’amplitude du dispositif de 9h à 19h du lundi au vendredi. Les appels journaliers sont passés de 60 à 500, ils ne relèvent pas tous heureusement de signalements de maltraitance, mais nous ne pouvons que constater à quel point il est utile, car nous avons des demandes de conseil, et d’information de toutes sortes.
 
Compléments
Robert Hugonot membre fondateur du réseau Alma vient de publier en 2007 chez Dunod un livre symbolique « Violences invisibles » qui retrace son expérience vis-à-vis de la maltraitance. Son livre est un incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à ce domaine et qui désirent réagir positivement.
 
Madame Falentin est à la recherche de bénévoles écoutants ou référents, si vous êtes intéressés, vous pouvez la joindre au 04.93.68.58.09.
 
Au nom de l’ensemble du Coderpa, je tiens à remercier très chaleureusement Madame Falentin pour sa contribution qui s’est prolongée sur plus d’un trimestre. Elle a répondu à deux de nos visites mais a fait un important travail de gestion des données locales répondant à toutes les demandes d’information exprimées.
 
Guy Muller
 
 
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